Le Syndicat Agricole 21 novembre 2013 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Chimie Verte - SDP, le fournisseur d’intrants biosourcés qui monte

Le spécialiste français des adjuvants et de la nutrition foliaire poursuit son développement dans l’Aisne.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
« Nous travaillons à la mise en œuvre de solutions pour être encore plus précis et technique, en amenant les éléments nutritifs au plus près de la plante », explique Yann Mismetti de SDP.
« Nous travaillons à la mise en œuvre de solutions pour être encore plus précis et technique, en amenant les éléments nutritifs au plus près de la plante », explique Yann Mismetti de SDP. - © V. Marmuse

Depuis sa création en 1991, la petite PME picarde, SDP (Société de distribution et de prestation), est devenue un acteur qui compte dans l’agrofourniture en France : Leader sur la marché français du bore (150 g/l), avec plus d’un million de litres commercialisés, et deuxième sur le marché des adjuvants. Spécialisée dans la production d’adjuvants de phytosanitaires et de produits de nutrition foliaire et sol à partir de substrats issus de la chimie du végétal, la société basée à Pinon dans l’Aisne parie sur le développement des adjuvants aux matières actives phytosanitaires biosourcées. Celle-ci connait une croissance ininterrompue depuis 6 ans, avec un chiffre d’affaires qui est passé de 5 millions à 15,8 millions d’euros entre 2007 et 2013.


« Tout passe par la feuille »
C’est justement dans les adjuvants que la fraction d’origine végétale est la plus importante : près de 50 %, a indiqué Yann Mismetti, directeur technique et marketing. Ces adjuvants permettent d’optimiser la pulvérisation. Ils obtiennent des propriétés mouillantes (pour bien s’étaler sur les feuilles), adhésives et pénétrantes grâce à des tensio-actifs issus de sucres d’amidon et de lipides des oléagineux et grâce à des terpènes de la résine du pin. Par ailleurs, SDP vient de lancer, en partenariat avec la coopérative Artéris, la commercialisation du premier adjuvant hybride, issu à 100 % de la chimie verte : le TRs2. Composé d’huile de tournesol à 60 % et de dérivés d’alcool de sucre de betterave à 40 %, ce produit associe les caractéristiques de pénétration d’une huile végétale classique à celles d’humectation, d’étalement et de diffusion du sucre de la betterave. Il s’emploie au moment du désherbage de toutes cultures à 0,5 l/ha. Son action renforce l’efficacité et la rapidité d’action des herbicides de post-levée auxquels il est associé.
La PME commercialise également des oligoéléments (bore, zinc, fer, manganèse), des éléments secondaires (calcium, soufre) ainsi que les éléments majeurs (N, P, K). Elle fabrique aussi des produits foliaires nutrition et anti-carenciel : « On peut presque tout faire passer par la feuille », indique Yann Mismetti. Le laboratoire de SDP a développé une gamme de physio-stimulants, « les activéïnes », à base d’algues, de sucres et d’éléments nutritifs. « Les algues servent à envoyer des signaux d’attaque aux plantes, afin que ces dernières sécrètent davantage d’hormones de défense tout en essayant d’optimiser leur tolérance aux maladies. Ce n’est pas toujours évident, mais on parvient à des résultats intéressants », souligne Yann Mismetti. L’objectif est d’augmenter le taux de phénols des plantes. Des anti-oxydants qui aident les plantes à combattre la nécrose cellulaire. « Ces produits ne remplacent pas l’utilisation d’un fongicide, précise-t-il. Mais en les associant, on optimise leur efficience ».
Les sucres associés servent, quant à eux, à améliorer la pénétration des éléments fertilisants dans la feuille, mais aussi l’action systémique du produit dans le végétal pour une meilleure valorisation de l’apport.


Une fertilisation localisée
L’autre pari de SDP, c’est la fertilisation localisée. « On y croit très fort, insiste le directeur technique et marketing de l’entreprise. Aujourd’hui, la protection phytosanitaire a été significativement optimisé tant sur le plan du dosage que du matériel. Malgré ces évolutions, nous travaillons à la mise en œuvre de solutions pour être encore plus précis et technique, en amenant les éléments nutritifs au plus près de la plante ». L’idée est de nourrir ainsi exclusivement la culture, afin de faciliter le désherbage et de contribuer à réduire les coûts grâce à une meilleure valorisation des intrants amenés au sol. « Toutefois, là encore, cela ne remplacera pas en intégralité la fumure de fond, qu’elle soit minérale ou organique, admet-il. Mais cela permettra de soutenir les cultures à des stades critiques de leur cycle où les carences peuvent coûter très cher ».


Des bactéries pour activer les sols
L’entreprise picarde développe par ailleurs des produits pour le sol, dont un seul gramme contient des milliards de bactéries, qui ont pour vertu de libérer le phosphore organique et minéral et de favoriser le transfert des éléments du milieu vers la plante. « Le rôle de ces micro-organismes est de relancer l’activité biologique des sols, explique Yann Mismetti. Outre le tassement lié au passage des engins agricoles, on sait grâce aux analyses de la migration des molécules chimiques dans les sols, que les gouttelettes qui rebondissent au sol lors de la pulvérisation ont un impact parfois violent sur les lombrics et les champignons saprophytes et mycorhiziens (qui dégradent les matières organiques). Or, un sol biologiquement mort n’est pas fertile. On aura beau y amener tous les éléments nutritifs, les systèmes racinaires se développeront très mal, et il n’y aura pas de solubilisation des éléments ». Et d’ajouter : « Les sécrétions enzymatiques et les microacidités provoquées par les bactéries permettent de libérer du phosphore qui se rétrograde très rapidement dans les sols. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il est possible d’en récupérer 100 kg/ha en un claquement de doigt. Même si les tests en serre sont assez spectaculaires, il ne faut pas oublier qu’on travaille avec du vivant. Les résultats sont donc aléatoires selon les conditions d’utilisation, or il y a de moins en moins de place pour les aléas aujourd’hui. C’est pourquoi nous proposons ces activateurs à des tarifs adaptés et supportables pour les agriculteurs, c’est-à-dire qui intègre ce facteur aléatoire ».


Des produits ultra-concentrés
Enfin, la PME de Pinon poursuit ses efforts de concentration des produits : « Nous souhaitons proposer des produits prêts à l’emploi réduits à 1/3, voire 2/3 de doses, lance Yann Mismetti. Ce n’est plus forcément le grammage qui importe, mais plutôt la manière dont on transloque les éléments dans le végétal. D’où l’intérêt d’utiliser des co-formulants plus dynamiques et de micro-ioniser les éléments ». Selon lui, cette approche novatrice correspond à une véritable attente des agriculteurs : « Ces derniers veulent réduire le nombre de bidons à manipuler pour remplir leurs pulvés et cherchent de la facilité ainsi que de la souplesse dans l’utilisation des produits ».
Au delà de l’optimisation de la consommation d’eau dans le développement et la formulation des produits, et de la baisse des émissions de CO2 en réduisant les transports, SDP entend aussi anticiper sur une éventuelle obligation de réduire les doses dans le cadre du plan Ecophyto 2018 : « La réglementation va changer, et on ne sait pas trop à quelle sauce nous allons être mangés, admet le directeur technique et marketing. Nous n’avons pas la prétention de vouloir sauver le monde et les agriculteurs ; mais peut être qu’avec ce type de solutions, on contribuera à l’optimisation du revenu/ha tout en maintenant un certain potentiel de rendement ».


MDS

Une nouvelle plateforme expérimentale de 8 hectares dans l’Aisne


Le 13 septembre dernier, SDP a inauguré sa plateforme de tests de 8 hectares. Initiée en 2004 sur son site de Pinon (Aisne), cette parcelle a nécessité 4 à 5 ans de mise en place afin d’offrir son potentiel complet et fournir une large capacité d’essais en conditions réelles des produits que développe SDP. La plateforme d’expérimentation permet de mettre au point les produits avant commercialisation et de tester ceux de la gamme existante sur le site de fabrication. Elle comprend 1,5 ha d’arboriculture (1 ha de pommiers gala et golden et 0,5 ha de poiriers conférence), 1 ha de vignes (cépages chardonnay et pinot noir) et 6 ha de grandes cultures (pommes de terre, maïs, blé, orge, betteraves, féveroles, pois, tournesol). « Le développement de cette plateforme expérimentale s’inscrit totalement dans notre démarche de création de valeur ajoutée pour chacun des produits que nous mettons au point. J’ai choisi de placer l’évolution de SDP sous le signe de l’innovation et cette plateforme en est le reflet. Il s’agit d’un véritable laboratoire à ciel ouvert », explique Laurent Steinmann, PDG de la société SDP. La PME investit 4 % de son chiffre d’affaires dans la recherche et développement.

3 nouveautés en produits foliaires


SDP vient d’annoncer le lancement de 3 nouveaux produits en nutrition foliaire : Nutrifor 10/40/20, Nutristar 20/20/8 et Nutrika 10/20/40. Ces formulations ultra-concentrées viendront remplacer les produits Nutristar 14/7/6 et 5/8/10 déjà existants. « Ce niveau de concentration en liquide n’a pas d’équivalence sur le marché », souligne Cyril Keller, responsable développement de SDP. Ces trois concentrés ont été conçus pour des positionnements très différents. « Nutrifor 10/40/20 et Nutristar 20/20/8 sont destinés à une application sur tous types de cultures en phase de croissance active, c’est-à-dire avant l’émission des organes de reproduction ou de mise en réserve. Nutrika 10/20/40, plus riche en potasse, est à appliquer lors de la phase génératrice pour optimiser le remplissage des organes de réserve (racines, fruits, légumes, grains, etc.). Cela permet d’assurer le rendement tant sur la qualité que la quantité. »

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui