Créer une pension pour chevaux
Le nombre d’équidés sur le territoire continue de progresser chaque année. Une partie de ceux-ci appartient à des particuliers, qui bien souvent ne possèdent pas de surface pour les héberger. Ils ont donc recours à la pension de chevaux.
Il existe une gamme de prestations très large pour la pension, mais tous les systèmes reposent sur des bases communes que sont la prise en charge de l’alimentation, la surveillance et le logement du cheval.
À chaque type de pension sa clientèle
Avant toute chose, il est indispensable pour créer et faire fonctionner ce type d’activité d’avoir une bonne connaissance du cheval, sans forcement être cavalier.
La prestation est très variée du point de vue de la structure d’accueil, allant de la pension simple au pré à celle au box avec de nombreuses infrastructures annexes (carrière, manège, rond de longe, douche, solarium...) ; mais également d’un point de vue travail, avec de la pension pure (base commune) ou de la pension avec travail des chevaux (entraînement, préparation aux concours, débourrage, poulinage...)
La pratique dominante est la pension pré + box, même si celle 100 % au pré avec abris est courante.
Le choix du client d’un lieu par rapport à un autre sera le fruit des diverses composantes que sont le prix, les infrastructures, la proximité, l’accueil, et enfin la qualité du travail des chevaux et la renommée du cavalier. Pour une clientèle de pratiquants réguliers adeptes des concours, la présence de structure permettant de s’entraîner et une distance inférieure à 30 km de leur lieu d’habitation sont des facteurs déterminants, alors qu’un autre type de clientèle sera attentif aux possibilités de balade, ou d’autres encore à un type d’équitation (western ou éthologique par exemple).
Il est donc très important de bien cibler la clientèle possible ou souhaitée, pour avoir une offre correspondant bien à une demande. Une bonne partie de la clientèle de pension est très volatile, il n’est donc pas suffisant de l’attirer, il faut aussi la satisfaire !
Activité complémentaire ou principale
Cette activité est le plus souvent complémentaire à une autre activité agricole (équestre ou non), à une activité salariée, ou elle est parfois l’activité principale. La pension sera considérée différemment selon les cas.
Le temps de travail sur 10 chevaux en pensions mixtes serait estimé à un tiers temps. C’est sur la période mi-octobre/mi-mars que le temps passé est le plus important, entre l’alimentation, le curage des boxes, la mise au paddock et la surveillance des chevaux.
Cette prestation peut dégager une marge d’activité de 100 à 200 ? par cheval et par mois, avec une gestion raisonnée de l’atelier.
Quelques éléments à savoir
Lorsqu’on crée une pension de chevaux, il est très fortement conseillé d’établir un contrat* entre les deux parties avec un certain nombre d’informations, dont le nom de l’établissement et le nom du cheval confié (avec son N° SIRE...), les conditions de la pension (pré, boxe, alimentation distribuée...), le prix mensuel, les assurances (responsabilité civile, éventuellement mortalité/invalidité du cheval), les soins (vétérinaire et maréchal-ferrant), les compétitions (si besoin), le travail du cheval, les absences du cheval, la modification et la durée du contrat et, enfin, les modes de rupture ou de renouvellement (préavis...).
Il faut bien évidemment prendre une assurance correspondant à cette activité, et il est obligatoire de déclarer son exploitation comme lieu de détention d’équidés auprès de l’IFCE**.
Enfin un certain nombre de sites internet recensent les différentes pensions de chevaux et il semble qu’aujourd’hui, les particuliers privilégient ce mode de recherche d’une pension.
Sébastien Clozel
Chambre d’Agriculture du Morbihan
* Pour rédiger un contrat de pension : http://www.haras-nationaux.fr/particuliers sinformer/accueil-equipaedia/reglementation/contrats/contrat-de-pension.html
** Pour réaliser la déclaration de détenteur d’équidé : http://www.haras-nationaux.fr/professionnels/demarches-sire/enregistrez-vous-comme-detenteur-dequide.html
Quelques chiffres
Pour 10 chevaux en pension pré ou pré + box :
• Taille des boxes : 3 x 3 m minimum
• 0,75 à 1 ha/cheval
• 0,3 à 0,5 unité de main d’œuvre
• Tarifs : de 180 à 300 ? par mois et par cheval (sans travail des chevaux)
• Marge d’activité : Produits – alimentation, paille, fermage, eau, EDF, assurance et entretien des prairies = 100 à 200 ?/mois/cheval...
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
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