Le Syndicat Agricole 17 octobre 2015 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Ces cancers qui s’attaquent aux femmes

Parfois très discrets mais redoutables, jamais anodins, certains cancers s’accordent au féminin. Quelles sont ces pathologies ?

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © DR

Les explications de Christophe Fablet, président d’Audace Vendée, association en charge de la gestion du dépistage organisé des cancers en Vendée.

Quels sont les cancers qui touchent particulièrement les femmes en France ?
Indéniablement le cancer du sein est le plus répandu et le plus mortel. Celui des poumons (les femmes rattrapent les hommes), du côlon, de l’utérus sont aussi parmi les plus fréquents.

Sait-on enfin ce qui est à l’origine d’un cancer du sein ?
Malheureusement, on ne sait toujours pas clairement ce qui le provoque. Comme pour les autres cancers, l’obésité, le tabac et les antécédents familiaux sont des conditions aggravantes. Il y a quelques années, on montrait du doigt les traitements hormonaux mais, finalement, rien ne semble le confirmer. Par contre, on sait qu’il ne faut pas prescrire de tels traitements aux femmes qui sont susceptibles d’avoir un cancer du sein. D’où l’intérêt d’un dépistage systématique avant. Quant à l’allaitement qui réduirait les risques de cancer du sein, c’est un propos que l’on entendait beaucoup il y a vingt ans, il est moins radical aujourd’hui.

Les facteurs environnementaux et l’alimentation sont-ils mis en cause ?
Il semble assez flagrant que, comme pour d’autres maladies, les facteurs environnementaux et l’alimentation jouent un rôle important dans la survenue de tous les cancers. Comment expliquer le développement de cancers différents d’un continent à un autre ? Celui du sein est le plus répandu en Europe, alors qu’il est rare en Afrique, et celui de l’œsophage est le premier au Japon. Et il y a tellement de malades qui ne présentent a priori aucune prédisposition ! Le cancer n’épargne plus les jeunes femmes. Cette année, dans notre cabinet, nous avons dépisté positives quatre patientes d’une trentaine d’années, une autre de 22 ans, alors que l’âge moyen de développement d’un cancer est entre 55 et 65 ans.

Après 70 ans, les femmes sont-elles moins prédisposées à certains cancers ?
Trop souvent, les femmes pensent qu’à 75 ans, elles sont moins exposées au risque d’une tumeur au sein. C’est faux. Croyant être à l’abri d’un cancer, beaucoup de personnes âgées ne sont pas suivies sur cet aspect. On voit ainsi des dames de 80 ans atteintes de lésions très sérieuses faute de dépistage. Par ailleurs, plus la personne est âgée, plus elle est sujette à de multiples pathologies. Plus son corps est fragilisé, plus il sera compliqué de proposer une chimiothérapie ou une opération. Une tumeur au sein double de taille en 100 jours. Ça va donc très vite ! On comprend l’importance d’un diagnostic précoce.

Sans être rare, le cancer des ovaires est moins fréquent mais dangereusement silencieux...
Il est redoutable car, là aussi, aucun facteur de risque n’est identifié et souvent la patiente ne ressent aucun symptôme évocateur. La tumeur peut mesurer 10 cm de diamètre sans qu’elle n’ait la moindre douleur. L’exemple type : la femme se rend compte qu’elle a pris du ventre, elle n’arrive plus à boutonner sa jupe. Il faudra une échographie pour dépister la maladie.

Pourquoi existe-t-il un vaccin contre le cancer du col de l’utérus, contrairement aux autres cancers ?
Dans la grande majorité des cas, ce cancer est d’origine virale, d’où la campagne de vaccination à destination des jeunes filles entre 11 et 14 ans. Face aux doutes de survenue de sclérose en plaques suite à une telle injection, l’Agence nationale de sécurité du médicament et l’Assurance maladie ont mené une grande enquête. Elle vient de démontrer qu’il n’y avait pas de lien probant. Il faut retenir qu’on sauve davantage de femmes du risque mortel d’un cancer du col qu’on risque d’engendrer une sclérose en plaques.

Soigne-t-on différemment une femme atteinte d’un cancer et un homme ?
Pas vraiment. Mais je pense que les femmes sont plus responsables, plus attentives à leur santé et aux messages de prévention. On le constate de façon évidente pour le test Hemoccult de dépistage du cancer du côlon. Elles y participent mieux que les hommes. Les femmes ont l’habitude des frottis, des mammographies. Disons qu’elles appréhendent moins les examens. L’ablation, elle, reste, et on le comprend, une épreuve très redoutée des patientes. Mais il faut savoir qu’une telle opération ne concerne que 20 % de cas et qu’elle est moins invasive qu’auparavant. La chirurgie réparatrice a fait des progrès considérables et permet de réduire les préjudices esthétiques subis par les femmes.

Propos recueillis par Catherine Baty, Racines

Octobre rose : À partir de 50 ans, la mammographie est recommandée tous les deux ans

La campagne de dépistage du cancer du sein Octobre rose a lieu jusqu’au 31 octobre. Des animations de sensibilisation sont organisées par la MSA pour recommander aux femmes de participer au dépistage organisé.
Renseignements : www.e-cancer.fr et www.msa59-62.fr ou Cancer info au 0810 810 821.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui