Le Syndicat Agricole 12 décembre 2013 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Céréales - La moisson 2013 dans le rétroviseur

Malgré une campagne mal engagée, la moisson 2013 a finalement réservé de belles surprises.

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Le nombre de grains/m2 a été en 2013, 16 % supérieur à la moyenne pluriannuelle.
Le nombre de grains/m2 a été en 2013, 16 % supérieur à la moyenne pluriannuelle. - © S. Leitenberger

Un peu à l’inverse de 2012, où tous les facteurs de production étaient réunis pour avoir une récolte historique, 2013 avait plutôt mal commencé. Alors que la moyenne des semis s’opère souvent dans la première décade d’octobre, l’automne dernier, les semis ont réellement commencé vers le 20-25 octobre pour s’éterniser jusque début mars et ce, dans des conditions souvent très périlleuses. Beaucoup s’interrogeaient alors sur le potentiel de ces semis. Corollaires de cette humidité, les populations de limaces ont été très importantes et difficilement maîtrisables, surtout derrière colza. Une humidité qui a aussi limité les désherbages d’automne, ceux-ci s’étant déroulés très souvent début avril avec de nombreux échecs dus à des populations trop développées et à des conditions d’application souvent limitantes, comme le manque d’hygrométrie.


Une bonne valorisation de l’azote qui a changé la donne
Avec ces conditions froides à l’automne et un hiver très long, le cru 2013 a toujours connu un retard de végétation, avec, par exemple, 3 semaines de retard en moyenne au stade épi 1 cm. Selon les relevés d’Arvalis sur la station de Saint-Quentin, « 2013 est une des années les plus froides et, plus encore, les moins ensoleillés sur ces 20 dernières années ! » Résultat, un stade épi 1 cm au 15 avril contre, généralement fin mars. Ce retard de végétation s’est maintenu jusqu’à la floraison des blés. La conjonction de ces semis tardifs et de ce climat peu favorable a entraîné une biomasse très faible, de l’ordre de 530 épis au m2 d’après les comptages réalisés par Arvalis. Un chiffre à mettre en parallèle avec les 780 épis comptabilisés en 2012 ou les quelque 1 000 épis rencontrés en 2007 et 2008. Même si ces peuplements n’étaient pas limitants, on pouvait légitimement se poser des questions sur le potentiel de bon nombre de parcelles. Mais le retour des pluies en mai et la très bonne valorisation de l’azote ont complètement changé la donne. Alors qu’en année sèche 50 % des talles peuvent régresser, en 2013, toutes les tiges ont bénéficié de ce contexte pédoclimatique favorable pour déboucher sur un épi. Paradoxalement, malgré une très faible biomasse, la production d’épis a été record avec, toujours selon les comptages effectués par Arvalis, un résultat de 618 épis au m2 contre 550 en moyenne, sur ces dernières années.


Un remplissage des grains dans la moyenne pluriannuelle
Autre facteur de production essentiel, la fertilité des épis. Une composante de rendement quelque peu affectée par le manque de rayonnement et des températures fraîches au printemps. Quelques dégâts de méiose ont même été signalés avec des pertes ponctuelles de grains dans les épis. Les mesures de grains par épi sont finalement quasiment dans la moyenne des dernières années, « avec une moyenne de 39 grains par épi, contre 40 constatés sur les années précédentes », constatent les ingénieurs d’Arvalis. La combinaison d’un nombre d’épis record avec une fertilité moyenne donne ainsi un nombre de grains/m2 de 16 % supérieur à la moyenne pluriannuelle, ce qui explique en grande partie les très bons rendements enregistrés en 2013. De surcroît, grâce à des températures douces début juillet et une pluviométrie très faible, le remplissage du grain a été dans la moyenne pluriannuelle avec un PMG de 45,7 grammes.
De plus, l’ensemble de ces facteurs de production n’a pas été contrarié par des maladies qui sont restées très discrètes, résultat de conditions climatiques fraîches. Seule la septoriose a explosé en fin de cycle, début juillet généralement, arrivant souvent trop tard pour entamer les rendements. La nuisibilité est, cette année, de l’ordre de 16 quintaux, contre une vingtaine de quintaux en moyenne habituellement !
Mais ce que l’on retiendra avant tout de ce cru 2013, c’est l’hétérogénéité de la productivité. Les valeurs médianes s’étagent ainsi de 60 quintaux sur la bordure maritime à plus de 110 dans l’Artois. Un dégradé qui s’explique principalement par la pluviométrie et par la qualité des implantations. Contre toute attente, le rendement moyen final atteindra 96 quintaux par hectare pour la région. Un chiffre pour beaucoup inattendu à la vue de la campagne chaotique que l’on a connue.
Enfin, la qualité a elle aussi été au rendez vous, avec des PS plus que corrects, 76-78 kg/hl et des taux de protéine de l’ordre de 11 à 11,2 %. De bons chiffres obtenus grâce à une absorption tardive de l’azote, avec le retour de conditions plus propices à la minéralisation.
Ainsi donc, après une année climatique chaotique, marquée par un retard de végétation de près de 3 semaines, des températures fraîches et un déficit chronique d’ensoleillement, le cru 2013 fut pour beaucoup inespéré. Comme quoi, la nature fait souvent bien les choses en corrigeant ses excès.


C.D.

Et pour 2014

Le moins que l’on puisse dire c’est que le scénario de cette prochaine moisson semble s’engager bien différemment que celle que nous venons de vivre. Les semis ont rarement commencé aussi tôt, dés le 20 septembre, pour certains, avec des conditions de semis souvent optimales jusqu’à la mi-octobre. 60 à 70 % des céréales ont été implantées durant cette période. Le solde devant être semé après les derniers maïs et les dernières betteraves. Ces deux vagues de semis donneront lieu, probablement, à des gestions de fertilisation et à des stratégies fongicides quelque peu différentes. À noter aussi le peu de désherbage effectué à l’automne, avec la nécessité de devoir intervenir rapidement en sortie d’hiver, au regard des stades avancés de certaines adventices.

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