Le Syndicat Agricole 03 avril 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Bovins viande - « Les changements dans la filière seront encore plus profonds en 2014 »

Dans un contexte de baisse de la production et de la consommation, la restructuration de la filière se poursuit.

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La consommation de viande bovine a reculé de 1,6 % en France en 2013 (et d’environ 4 % depuis 2012).
La consommation de viande bovine a reculé de 1,6 % en France en 2013 (et d’environ 4 % depuis 2012). - © © J.-C. Gutner

«Après une baisse significative de la production en 2012 (- 5 %), les abattoirs enregistrent en 2013 une nouvelle baisse de 6 % de leurs abattages de gros bovins », a indiqué Freddy ­Bertin, président d’Elvéa Nord-Pas de Calais, lors de l’assemblée générale de l’association qui s’est tenue vendredi dernier à ­Ecques (62). « Les intervenants de la filière viande, qui s’étaient habitués à bénéficier d’un volume d’apport conséquent à des prix attractifs, ont eu parfois du mal à comprendre la réaction des éleveurs, explique-t-il. Pourtant, depuis longtemps, les producteurs avaient tiré la sonnette d’alarme en dénonçant des revenus trop bas, sans réaction de la part de l’ensemble de la filière ». D’après lui, nombreux sont les éleveurs qui ont baissé les bras car « l’embellie des prix constatée en 2012 a été vite absorbée par la hausse des charges ». Et de souligner : « Tant que le marché est approvisionné, il est difficile d’imposer une hausse des prix à la grande distribution. C’est bien l’offre et la demande qui déterminent le prix ». Or, la consommation de viande bovine a reculé de 1,6 % en France en 2013 (et d’environ 4 % depuis 2012). « La baisse de production a donc été salutaire à ce niveau-là », note Freddy ­Bertin.


Des prix « corrects » en 2013
Malgré une baisse significative des prix des veaux d’origine laitière et des femelles les moins conformées (à partir du 2nd semestre), les cours se sont maintenus « à un niveau correct » en 2013.
En effet, les orientations prises par ­Elvéa Nord-Pas de Calais dans la création de filières courtes pour des animaux de qualité avec un cahier des charges exigeant qui associe les éleveurs, les négociants les abatteurs et la grande distribution, ont permis aux éleveurs de l’association de tirer leur épingle du jeu. « Je me réjouis de ces partenariats qui ont un effet positif sur l’ensemble des prix des animaux haut de gamme, principalement ­Blanc Bleu et ­Blonde ­d’Aquitaine, précise Freddy ­Bertin. Il nous faudra par la suite trouver des chefs de rayon qui s’intéressent aux bonnes femelles Charolaises et Limousines ». Pour le président d’­Elvéa Nord-Pas de Calais, ces débouchés ne sauraient exister sans la mise en avant de la Charte des bonnes pratiques d’élevage et l’image qu’elle donne de producteurs responsables qui ont un savoir-faire technique et qui s’engagent dans le respect de la traçabilité, du bien-être animal et des normes environnementales. « Nous réfléchissons aux moyens de mieux communiquer sur ces pratiques d’élevage afin que ces règles deviennent des atouts », précise-t-il. Avant de proposer : « Pourquoi ne pas mettre au goût du jour des panneaux d’affichage personnalisés à l’entrée des exploitations ? ». D’autant qu’un « espoir est né » avec le nouveau logo « Viandes de France », lancé par les professionnels de la filière lors du dernier Salon de l’Agriculture. Celui-ci garantit aux consommateurs une viande issue d’animaux nés, élevés, abattus et transformés sur le territoire. « Viandes de France concrétise l’engagement des acteurs des filières viande pour une alimentation de confiance basée sur la certitude de l’origine, le goût du travail bien fait et l’assurance de bonnes pratiques, affirme ­Freddy ­Bertin. C’est-à-dire le respect des savoir-faire, des animaux et des territoires de la fourche de l’éleveur jusqu’à la fourchette du consommateur. C’est ce que nous, éleveurs, réclamons depuis longtemps ».

 

Restructurations de la filière
Dans ce contexte de baisse de la production et de consommation de viande bovine, « la restructuration de la filière se poursuit à chaque échelon : production, négoce de bestiaux ainsi qu’industriels », constate le président du collège acheteur d’­Elvéa Nord-Pas de Calais. Selon lui, « ces réorganisations sont inéluctables pour répondre aux besoins de compétitivité internationale et surtout pour être capable de réaliser les investissements des mises aux normes exigées à tous les niveaux ». Cette tendance va-t-elle s’accélérer ? Les prévisions pour 2014 indiquent une stagnation de la production comme de la consommation de viande bovine en France. « Est-ce là le signe d’une pause de la décapitalisation ou d’une trêve avant de s’adapter à la nouvelle PAC ? », s’interroge Freddy ­Bertin. Pour sa part, Bernard ­Lebel, président du collège Acheteur, estime que les changements seront sûrement encore profonds en 2014 : « Il faut d’abord être attentif à ce que sera la future PAC pour les producteurs de viande bovine, quel sera le montant des primes, le niveau du DFI (défiscalisation financement investissement) pour les cheptels aussi bien laitiers qu’allaitants. »
MDS

EN CHIFFRES

24 kg
La consommation de viande bovine par les Français en 2013, soit une baisse de 1,6 % par rapport à 2012.

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