Le Syndicat Agricole 29 novembre 2012 à 10h35 | Par Le Syndicat Agricole

Bovins viande - Le ministre de l’Agriculture se rétracte

Le ministre de l’Agriculture a décidé de ne pas verser l’aide à l’engraissement des jeunes bovins. Une annonce qui suscite une réaction indignée de la FNSEA.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
« Ce sont environ 5 000 éleveurs qui se voient spoliés d’une aide qui leur avait été proposée et pour laquelle ils ont fait les efforts nécessaires pour répondre aux critères d’éligibilité », observe Xavier Beulin.
« Ce sont environ 5 000 éleveurs qui se voient spoliés d’une aide qui leur avait été proposée et pour laquelle ils ont fait les efforts nécessaires pour répondre aux critères d’éligibilité », observe Xavier Beulin. - © F. d’Alteroche

Le ministre de l’Agriculture a décidé de ne pas verser l’aide à l’engraissement des jeunes bovins. Alors que cette mesure à été notifiée à la Commission européenne fin juin 2011, qu’elle a été dotée d’une enveloppe de 8 millions d’euros au titre de l’article 68 de la PAC et qu’elle a fait en outre l’objet d’une circulaire nationale d’application parue au mois d’avril 2012. Si les modalités d’application ont pu susciter un ensemble de réserves, notamment celles de la FNB (Fédération nationale bovine), « il ne saurait être question aujourd’hui d’accepter la suppression pure et simple de cette aide », insiste l’organisation syndicale, qui demande à ce que « la continuité de l’État soit assurée ».
De son côté, le président de la FNSEA a envoyé un courrier au ministre de l’Agriculture pour lui demander de revenir sur sa décision. « Ce sont environ 5 000 éleveurs qui se voient spoliés d’une aide qui leur avait été proposée et pour laquelle ils ont fait les efforts nécessaires pour répondre aux critères d’éligibilité, tout particulièrement en s’engageant dans la contractualisation », observe-t-il. Avant de conclure « Si l’aide devait être remise en cause, en dépit d’une circulaire administrative et d’une déclaration spécifique des éleveurs, la FNSEA se verrait contrainte de défendre, par les procédures appropriées, les éleveurs trompés ».

Daniel Prieur : l’État doit tenir ses engagements
La décision du ministre suscite également une levée de boucliers à la FNSEA comme en témoigne la réaction vigoureuse de Daniel Prieur, le secrétaire général adjoint. « En prenant cette décision, le ministre s’oppose à la construction d’une filière performante. Son choix relève davantage de la politique politicienne que d’une vision économique de l’agriculture. Alors que tous les responsables aspirent à ce que le monde de l’élevage s’organise pour être présent sur les marchés, y compris à l’exportation, cette mesure avait été conçue dans cet esprit. Il s’agissait d’une première étape vers la contractualisation avec les outils d’abattage susceptibles par ailleurs de créer des emplois et de la valeur ajoutée sur nos territoires. Penser que l’agriculture peut faire l’impasse d’une organisation de filière en renonçant à ce dispositif qui jetait les bases d’une organisation fructueuse entre producteurs et transformateurs ne correspond pas aux ambitions du redressement productif de la France prôné, par ailleurs, par le Gouvernement, et notamment par son ministre de l’Agroalimentaire ». Et Daniel Prieur de tacler la Confédération paysanne qui s’est félicitée de la décision du ministre. Pour Daniel Prieur, ce retour en arrière est d’autant plus surprenant que « les agriculteurs avaient contractualisé en toute bonne foi avec leur outil économique et aussi avec l’État. Qui plus est, l’aide avait été notifiée à Bruxelles et elle faisait partie d’un plan d’accompagnement de l’élevage bovin de ce pays. » Et le secrétaire général adjoint de conclure : si on voulait plonger les agriculteurs dans une crise de défiance, le gouvernement ne s’y serait pas pris autrement. Les agriculteurs tiennent leurs engagements. L’État doit tenir les siens ».

Le ministère prêt à revoir sa copie

La décision de renoncer à l’aide à l’engraissement des jeunes bovins a suscité un tel tollé que le ministre s’est engagé à revoir sa copie. Certes, l’aide à l’engraissement aux jeunes bovins ne sera pas versée en 2012 selon les modalités prévues. De ce point de vue, le ministère de l’Agriculture maintient le cap, mais il envisage d’affecter l’enveloppe à d’autres aides couplées dédiées à l’élevage pour ne pas perdre l’enveloppe de 8 millions d’euros qui était affectée à cette opération. En revanche et pour 2013, la rue de Varenne s’est engagée à rouvrir les discussions avec les organisations professionnelles pour modifier les critères d’attribution, et notamment le seuil minimum de 50 têtes qui avait été fixé pour en bénéficier.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui