Le Syndicat Agricole 20 septembre 2012 à 14h33 | Par Le Syndicat Agricole

Bovins viande - Éleveur allaitants : c’est bientôt l’heure de la rentrée...

« Sortir tôt, rentrer tôt » disaient les anciens... Cette règle se révèle exacte pour les animaux qui ont des besoins de croissance élevés.

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Pour la rentrée en stabulation, les jeunes animaux (6 à 12 mois) sont les catégories à privilégier en cette fin de campagne estivale.
Pour la rentrée en stabulation, les jeunes animaux (6 à 12 mois) sont les catégories à privilégier en cette fin de campagne estivale. - © DR

Les jeunes animaux (6 à 12 mois) sont les catégories à privilégier en cette fin de campagne estivale. Si vous avez suivi les recommandations, les veaux sous la mère, mâles ou femelles ont été complémentés depuis déjà quelques semaines. Faute d’herbe de qualité, ils consomment aujourd’hui des quantités de concentrés non négligeables. Il est aussi bien de les rentrer et de les passer en ration grossière.


Le sevrage : un moment délicat pour le rumen
Le sevrage ne doit être réalisé que si le veau consomme déjà au moins 2 kg de concentrés par jour. Ce concentré reste le même durant encore 2 à 3 semaines. Le stress de l’absence de la mère ajouté au changement radical de nourriture perturbe le rumen et bloque la croissance durant 1 mois. Votre veau est devenu un ruminant, la flore de son rumen doit être adaptée à son alimentation. Pour cela, à l’image de tous les bovins, 3 semaines de transition alimentaire sont nécessaires.


La « socialisation » des femelles
Les petites génisses sont vos vaches de demain. C’est le moment de leur faire savoir qui est le maître maintenant... et c’est vous ! Restez dans leur parc sans bouger, pour qu’elles viennent vous sentir et apprendre à vous reconnaître. Caressez-les. Au bout de quelques jours, prenez-les au licol pour les attacher quelques heures à la barrière et recommencez cela plusieurs fois. Loin d’être une perte de temps, savoir prendre un peu de temps maintenant permet d’en gagner beaucoup demain. Vous deviendrez ainsi leur « ami » pour toujours.


Les mâles... à l’engraissement
C’est l’avantage du naisseur engraisseur : la transition alimentaire, si elle est bien faite, n’a pas d’impact sur la croissance de l’animal. La ration d’engraissement est mise en place le plus vite possible. Au début, le foin est utile (mais pas indispensable) pour assurer le changement d’aliment. Plus appétent que la paille, il permet à l’animal d’ingérer facilement des fibres. Sur le mois qui suit, on lui préférera rapidement de la bonne paille, qui améliorera la rumination et évitera l’acidose. Vos taurillons doivent disposer de paille de qualité et à volonté ! Elle sera renouvelée tous les jours ou incorporée à la ration si vous disposez d’une mélangeuse. Améliorer son appétence avec de la mélasse est possible si vous jugez la consommation insuffisante.


Les vaches gestantes : ni trop grosses, ni trop maigres !
Trop grosses : les soucis au vêlage proviennent bien souvent d’un état d’engraissement excessif des femelles et/ou d’une alimentation trop importante en fin de gestation, qui profite au fœtus et génère des « gros veaux ». La note d’état corporel doit donc être de 2,5 à 3 pour assurer un vêlage dans de bonnes conditions, une lactation de qualité, et une reprise d’état après vêlage qui assurent la fertilité future.
Trop maigres : ce n’est pas non plus la bonne solution. La lactation est limitée et la reprise d’état beaucoup plus difficile. Souvent, le retour en fertilité est reculé. De ce fait, la période de vêlage s’allonge et l’intervalle vêlage-vêlage se dégrade. Ces vaches trop maigres en cas de réforme demandent des durées d’engraissement beaucoup trop longues. Au vu des prix des aliments cette année, il est préférable d’être vigilant.


Les génisses de renouvellement
Il faut prévoir de les rentrer 3 à 4 semaines avant la date de mise à la reproduction. Pour assurer la fertilité, il faut que la transition alimentaire soit terminée. La ration sera « boostée » avec 1,5 kg de céréales 3 semaines avant la mise en reproduction (flusching). Cela favorise la venue en chaleur et la fécondité, seulement si elles ne sont pas trop en état. À éviter : le stress et le changement de ration pendant les 2 mois qui suivent la reproduction, durée nécessaire à la nidification de l’embryon.


Les vaches qui vêleront en 2013 : mâles et femelles de 2nde année de pâturage
Ce sont les derniers à rentrer. Selon le chargement et la quantité d’herbe à pâturer, ils ont à disposition une boule de paille, une boule de foin ou de l’enrubannage. Les conditions de portance des sols et la météo vous indiqueront la date de rentrée. Il ne faut pas dégrader vos prairies.


Les rations hivernales
La rentrée en stabulation est aussi synonyme de bilan fourrager, d’adaptation de la ration aux stocks de fourrages et aux achats à réaliser. Difficile cette année avec les cours des concentrés. Les coproduits existent, ils peuvent combler une partie du déficit fourrager et une partie des concentrés azotés. Pour cela, il faut anticiper. Vos conseillers restent à votre service si vous avez besoin d’aide dans vos choix alimentaires, dans les quantités à distribuer, ou dans la façon d’apporter les aliments à vos animaux. Un repas par jour est suffisant. Le reste du temps peut être passé à s’occuper des animaux (soins aux veaux, surveillance des vêlages et de la reproduction...) et même se libérer pour participer aux groupes viande. La gestion du temps est souvent le gage de la réussite et de la performance du troupeau.

Guy CORBEILLE, conseiller référent « Viande bovine »
Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais


Zoom sur... Déparasitage des animaux : choisir le bon produit

Les animaux qui sont destinés à l’engraissement et qui ne retourneront plus en prairies doivent recevoir un produit « haut de gamme », efficace à 100 % sur les parasites. On utilisera les produits de la famille des « avermectines » pour éliminer totalement les parasites liés au pâturage, ainsi qu’une partie des parasites externes.
Les animaux destinés à l’élevage (génisses et bœufs sevrés) reçoivent un produit à effet « chasse d’eau », ayant une efficacité moindre mais moins cher. L’objectif étant de laisser une faible charge de parasites dans l’animal et de lui permettre d’apprendre à lutter contre ces parasites résiduels. Cela permet d’installer ce que l’on appelle « l’immunité » et il ne sera plus utile de vermifuger l’animal chaque année. Un dosage des pepsinogènes à la seconde rentrée de pâture permettra de vérifier si l’immunité est atteinte. Une surveillance plus assidue des animaux est nécessaire : un animal adulte ayant un poil piqué, montrant des signes d’amaigrissement, doit être traité individuellement au plus vite, mais toujours avec un produit à « effet chasse d’eau ». Votre vétérinaire est le meilleur conseiller dans ce domaine de la médication, n’hésitez pas à lui en parler pour mettre en place, avec lui, un protocole adapté à votre élevage.

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