Vous êtes iciAccueil BovinsVeau nouveau-né: ne rien laisser au hasard
Bovins

Veau nouveau-né: ne rien laisser au hasard

Donner toutes ses chances au veau, et ainsi assurer la qualité du renouvellement du troupeau.

02 février 2012 Le Syndicat Agricole Vu 835 fois
Mots clés : Animal
Les premiers mois de vie du veau constituent une période de fragilité.

Les premiers mois de vie du veau constituent une période de fragilité. - © Le syndicat agricole

70 % du taux de mortalité en bovin correspondent à des veaux âgés de moins de 6 mois. C’est en rappelant ce chiffre que le Dr Flahaut, vétérinaire praticien à Frencq (62) et intervenant du réseau Vet’el, a débuté la formation des éleveurs des Groupes lait du Geda d’Avesnes-le-Comte en décembre dernier. Avant d’exposer les différentes dominantes pathologiques du veau, il a mis en évidence l’importance d’une bonne connaissance du veau nouveau-né pour optimiser ses chances de survie.

Optimiser l’adaptation du veau à la vie extra-utérine
Les premiers mois de vie du veau correspondent à une période de fragilité. La présence de l’éleveur, la surveillance du vêlage et des premières 24 h de vie (les premiers soins, etc.), sont primordiales pour optimiser l’adaptation du veau. Si celle-ci échoue, les conséquences peuvent être lourdes : échec partiel ou total du transfert d’immunité colostrale, susceptibilité aux maladies néonatales infectieuses, lésions irréversibles, mortalité.

Prévoir l’heure du vêlage
Cela permet de se préparer et de se rendre disponible dans les meilleurs délais, non pas pour intervenir systématiquement au vêlage, mais pour veiller à la bonne adaptation du veau dans ses premières heures de vie et lui prodiguer les soins adaptés.
Dans les jours qui précédent le vêlage, il y a chez la vache une hyperthermie physiologique persistante. Puis, dès que la température chute sous 38,5°, le vêlage est alors à prévoir dans les 24 h. Le relevé de température est une méthode de prévision fiable et pratique, surtout lorsque l’éleveur ne réside pas à proximité de la stabulation.

Surveiller les insuffisances respiratoires
Dès la naissance, le veau doit déclencher le réflexe respiratoire. Une mauvaise oxygénation des centres nerveux sur une durée de 3-4 minutes entraîne des lésions irréversibles, souvent suivies de la mort dans les jours qui suivent. Lors de tout vêlage difficile, il est important d’évaluer le passage pelvien avant d’engager une extraction risquant d’entraîner une trop forte compression de la tête et du thorax du veau. En cas d’insuffisance respiratoire, il faut agir vite : il est conseillé de suspendre le veau par les postérieurs (de 30 secondes à 1 minute) pour permettre l’évacuation et le dégagement manuel des glaires présentes dans les voies respiratoires. Un stimulant (analeptique) respiratoire peut être administré avant de redescendre le veau sur le sol et de l’allonger sur le côté droit. On peut pratiquer des compressions régulières des côtes de 3 secondes environ, séparées par le même temps. Pendant le relâchement, on peut envoyer de l’air dans une narine en soufflant, tout en veillant à tenir fermées la bouche et l’autre narine.

Assurer une bonne acquisition de l’immunité passive
Le veau naît avec un faible taux d’anticorps, son système immunitaire n’est pas efficace et il n’acquiert une immunité dite active qu’à partir de 5 mois. La seule possibilité pour lutter contre les éventuels agresseurs dans les premières semaines de vie est l’immunité passive (dite colostrale) : c’est l’immunité maternelle qui passe entièrement par le colostrum.
L’aptitude du veau à absorber les anticorps disparaît dans les 12 à 24 h après le vêlage, et la concentration en anticorps dans le colostrum diminue avec le temps. Le colostrum doit donc être distribué rapidement, à raison de 1,5 à 2 litres dans les 2 h qui suivent la naissance, et 4 à 5 litres dans les 24 premières heures.
La qualité du colostrum peut être mesurée grâce au pèse-colostrum. Un colostrum de qualité doit contenir plus de 80 g/l d’immunoglobulines. Seuls 20 % des colostrums sont considérés comme bons et très bons. La conduite du tarissement (alimentation, durée) ou l’âge de la vache sont des facteurs influençant la qualité du colostrum. Une « banque de colostrum » peut être constituée : il est alors conseillé de congeler des colostrums de vaches multipares de bonne qualité.
Afin de réduire la fréquence et la gravité des diarrhées, il est possible d’augmenter la concentration du colostrum en anticorps spécifiques de certains virus ou bactéries responsables en vaccinant les gestantes (exemple courant de la vaccination contre les coronavirus).

Assurer un confort thermique...
Le veau nouveau-né doit lui-même adapter sa thermorégulation, afin de maintenir sa température centrale autour de 39 °C. S’il n’y parvient pas, en une dizaine d’heures, le veau peut mourir d’hypothermie. L’exposition du veau au froid et aux courants d’air favorise ce risque et est donc à proscrire.
Le veau dispose d’une réserve énergétique qui va lui permettre de faire face à une basse température pendant les 5-6 premières heures de vie. Au-delà, c’est l’énergie contenue dans le colostrum qui prend le relais, à condition qu’il soit ingéré dans les meilleurs délais. Lorsque la température extérieure est faible, le veau pourra être réchauffé par un radiant ou une lampe infrarouge. Ce qui ne remet pas en cause la nécessité d’une prise de colostrum en temps et en heure.

...et sanitaire
La bonne santé du veau nouveau-né passe par un certain confort hygiénique, il ne faut donc pas négliger son environnement pour limiter la pression infectieuse. Malgré une bonne prise colostrale et donc un bon système passif de défense contre les pathogènes sur les 3 premières semaines de vie, il existe autour de cette 3e semaine un creux immunitaire. Ce creux s’explique par une immunité colostrale qui diminue et une acquisition de l’immunité active progressive mais pas encore complète. Plus la charge infectieuse sera limitée dans l’environnement du veau, surtout sur cette période de creux, plus la santé du veau sera optimisée.
En pratique, en bâtiment, le box de vêlage peut constituer la solution la plus adaptée, mais n’a d’intérêt que s’il est maintenu en parfait état de propreté (dans l’idéal : curé, désinfecté et paillé après chaque vêlage). Sinon, il deviendra vite un lieu de contamination. Il est recommandé de loger les veaux en cases individuelles sur les 2 à 3 premières semaines de vie afin de permettre un isolement sanitaire. Ces cases doivent être impérativement nettoyées et désinfectées entre chaque veau. Côté hygiène, mieux vaut bien nettoyer sans désinfecter plutôt que de désinfecter sans nettoyer ! Enfin, l’ombilic est un lieu d’entrée des microbes responsables de diarrhées. On réalisera d’ailleurs une désinfection ombilicale à la naissance dans une solution iodée.
Comme beaucoup d’autres problèmes en élevage laitier (reproduction, mammites...), c’est une accumulation de facteurs de risques et rarement un seul facteur qui est à l’origine des problèmes de santé du veau. Il convient donc de réaliser une analyse globale de la situation. Il ne faut pas vouloir tout changer dans son système ou sa conduite lorsque ça se passe plutôt bien. Cependant, la santé du veau avant sevrage semble rester une préoccupation dans la majorité des élevages, et l’état des lieux des pratiques permet de mettre en évidence des pistes de progrès.

VIRGINIE HALIPRÉ, Conseillère Productions Animales
Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais

 

Zoom sur... Dominantes pathologiques des veaux et pratiques d’élevage : quelques chiffres*

• 95 % des élevages interrogés sont concernés par les problèmes de diarrhées sur les veaux (problèmes qui toucheraient en général une faible proportion de veaux sur l’élevage mais parfois jusqu’à 1⁄4 des veaux voire 3⁄4 (10 % des éleveurs).
• Les pathogènes mis en cause sont les plus connus, à savoir : Coccidiose, Cryptosporidiose, Coronavirus E. Coli.
• La coccidiose toucherait près de la moitié des élevages interrogés.
• Les affections respiratoires sont moins présentes et moins fréquentes (quelques cas isolés).
• 80 % des éleveurs disent être embêtés avec les omphalites (infection du cordon ombilical), mais généralement sur une faible proportion de veaux.

* Enquête auprès d’une vingtaine d’éleveurs laitiers du GEDA d’Avesnes-le-Comte, décembre 2011.

 


 
les adresses emails ne sont pas affichées dans les commentaires

Caractères restants - Le HTML n'est PAS accepté

Recopiez le code dans ce champ :
Code de sécurité anti spam charger un nouveau code

J'accepte les conditions d'utilisation *

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises, qui n'engagent que leurs auteurs.

* = obligatoire !
Vous avez aimé cet article et vous désirez le faire connaître ?
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Cet article vous a plu ?
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal Le Syndicat Agricole
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 - Groupe Reussir Le Syndicat Agricole.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.

 
 

L'ACTU EN PHOTO

Au dernier Salon de l’agriculture, François Hollande n’avait pas ménagé son temps pour tenter de séduire un monde paysan majoritairement porté à droite : il y avait passé 12 h, battant de 3 h le record jusqu’ici détenu par Dominique de Villepin.
Au dernier Salon de l’agriculture, François Hollande [...]
Au dernier Salon de l’agriculture, François Hollande [...]
« Les nouvelles équipes dirigeantes vont [...]
L’Assemblée siège au Palais Bourbon dans le 7e [...]
Dans la plupart des pays européens, il faut un permis [...]
Ce système de « quota » ne sera [...]
Un assolement suffisamment diversifié et [...]
Depuis 2005, les entreprises d’élevage de chevaux, de [...]
Les installations des écuries des Tourelles [...]
Un programme « nouveau [...]
La Déduction pour investissement doit être [...]
Déduction pour investissement et Déduction [...]
Collecte des emballages de produits phytosanitaires
En Europe, les salaires minimums s’étendent de 138 [...]
Le salaire minimum en Europe.
La décision de la CJUE reste très attendue.
Plus de 600 000 ha de cultures ont [...]
Le vol dure 1 heure au minimum. Les passagers participent [...]
Le soutien financier des éleveurs de trait semble [...]
C’est sur le site de TéléPac que le quidam [...]
Le décrêt du 19 avril s’adresse [...]
Le principe de l’accord interprofessionnel signé en [...]
En Charolais, comme dans les autres races, la région [...]
Les journées « Bienvenue à la [...]
Jusqu’alors, le leader mondial des produits laitiers [...]
Le désherbage se fait dans le respect de la [...]
Les producteurs doivent faire connaître l’ensemble de [...]
Les accidents de la vie ou de l’économie de [...]
Cet accord est entré en application le 24 janvier [...]
Dans les secteurs les plus touchés par le gel, [...]
L’utilisation de matériel ne peut s’envisager [...]
Même rénover ou créer une simple [...]
Attention, les bornes ne sont pas toujours situées [...]

Recherche par mots-clés

Les articles les plus...

Les derniers commentaires