Le Syndicat Agricole 06 décembre 2012 à 10h28 | Par Le Syndicat Agricole

Bovins lait - Robot: optimiser la qualité du lait et l'alimentation

Piloter l'alimentation en système de traite robotisée et optimiser fréquentation, production et persistance.

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La traite robotisée continue de se développer car elle constitue une réponse parmi d'autres aux attentes des éleveurs face à l'agrandissement des exploitations, à la diminution de main d'oeuvre et à la recherche d'une meilleure qualité de vie. Aujourd'hui, le robot de traite correspond à plus de 30 % des installations de traite neuves dans la région. Dans le département du Nord en 2011, une installation de traite neuve sur 2 était un robot. L'acquisition d'un robot nécessite néanmoins de l'anticipation et une réflexion sur les pistes d'optimisation
technico-économiques possibles. Dans ce cadre, la Chambre d'agriculture de région Nord-Pas de Calais a proposé 2 journées techniques aux éleveurs équipés ou en réflexion quant à l'acquisition d'un robot, les 14 et 15 novembre derniers. Catherine Journel, vétérinaire indépendante dans le conseil en élevage et spécialisée dans l'approche globale des troupeaux en traite robotisée, est venue sensibiliser les éleveurs face à 2 sujets phares : la qualité du lait et l'alimentation.

La fréquentation du robot : une motivation physiologique
En traite robotisée, l'alimentation a une place prépondérante. En effet, dans ce système, l'acte de traite a lieu suite à une démarche volontaire de la vache. La motivation de la vache à se déplacer vers le robot repose alors sur plusieurs facteurs, et notamment sur la qualité (appétence) et la quantité (minimum de 500 g par repas) d'aliment distribué au robot. Catherine Journel précise surtout la nécessité de trouver le bon dosage de la ration à la table. « La ration distribuée à la table d'alimentation doit être à un niveau tel que toutes les vaches aient une motivation physiologique d'aller trouver un complément alimentaire distribué au robot. »

La construction de la ration à la table d'alimentation
En traite robotisée, on fonctionne en ration semi-complète (le correcteur azoté est en partie mélangé aux fourrages et le reste est distribué au robot, avec éventuellement un concentré de production individualisé). La ration distribuée à la table d'alimentation doit être réfléchie à l'échelle du troupeau et ne peut être strictement calquée sur la ration de l'éleveur voisin (cf. Exemple 1).
Pour construire la ration à la table d'alimentation, l'une des méthodes consiste à classer l'ensemble des vaches par production croissante et calculer la production moyenne pour chaque quart d'effectifs. Catherine Journel conseille alors d'ajuster la ration à la table pour qu'elle couvre les besoins en énergie (UFL) du 2e quart des vaches, afin que le lait permis par l'énergie corresponde à la moyenne de production du 2e quart, dans l'exemple 1 autour de 23-24 l.

Les paramètres du robot à surveiller
Une ration bien équilibrée est primordiale pour le bon fonctionnement du robot, mais les réglages de la machine le sont tout autant.
Le principal réglage à vérifier concerne les autorisations de traite, surtout pour les débuts et fins de lactation. Que ce soit pour les primipares ou les multipares, le démarrage de la lactation est toujours un moment délicat et conditionne la suite de la lactation, notamment sur la persistance. Ainsi, après vêlage, une vache doit pouvoir se faire traire au minimum 3 fois par jour au robot, et doit pouvoir avoir accès à la traite au minimum 6 h après le dernier passage.
Afin de permettre un rythme de passage élevé, il faut régler le nombre minimum de traites à 4 pour les débuts de lactation (de 0 à 100 jours). Le robot accepte de traire la vache en fonction de la durée de l'intervalle entre la dernière traite et son passage. Dans certains cas, l'autorisation de traite s'effectue par la production attendue ; en début de lactation il faut maximiser les passages, donc diminuer à 7-8 kg de lait attendu (cf. Exemple 2).
En cas de lipolyse, il est conseillé de diminuer le nombre maximum de traites à 3,5.
Que ce soit dans le cadre d'une stalle saturée ou non, les démarrages en lactation doivent être prioritaires, et on choisira d'aller pousser au robot les vaches de moins de 100 jours qui ne sont pas à 3 traites. Pour Catherine Journel, c'est ce rythme de 3 traites par jour en début de lactation qui conditionne la bonne fréquentation du robot, et la persistance de la lactation dans le temps.
Après 100 jours, le minimum de traites peut être diminué à 2,3. Pour la période de fin de lactation, dans le mois précédant le tarissement, c'est le nombre maximum de traites qui doit être diminué afin de faire baisser la production de lait, ou augmenter la production attendue à 10 kg.
Les autres paramétrages tels que la vitesse de distribution d'aliment (400 à 500 g/minute), la quantité maximum d'aliment par visite (souvent réglée à 2 kg), et la quantité maximale par jour d'aliment, sont des réglages « de sécurité », et ne doivent pas être modifiés, sauf cas particulier.

Des indicateurs précieux
Le robot produit énormément d'indicateurs, dont les restes de concentrés, pour lesquels la moyenne doit être inférieure à 5 %. Les refus sont également un bon indicateur de la circulation des vaches dans le bâtiment et au robot. Ainsi, il faut viser un chiffre de « traites + refus » supérieur à 4.
D'autres indicateurs tels que la rumination, le rapport TB/TP ou le dosage de Beta hydroxybutirate (BOH), sont très utiles pour cibler les animaux susceptibles d'être touchés par de l'acidose ou de l'acétonémie, qui sont les principales maladies métaboliques ennemies du robot.
Certes, cela demande un peu de temps d'analyse de ces indicateurs, mais la santé du troupeau est primordiale, en système robotisé encore plus qu'en système de traite conventionnelle.

Quentin SANSEN, Virginie HALIPRÉ, Chambre d'agriculture de région Nord-Pas de Calais

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