Le Syndicat Agricole 26 septembre 2013 à 16h28 | Par Le Syndicat Agricole

Blé tendre - Arvalis lance un plan d’actions sur la teneur en protéines

Face à une baisse tendancielle de la teneur en protéines du blé tendre, l’Institut du végétal lance une série d’actions techniques dès la campagne 2013-2014.

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Le plan d’Arvalis vise à encourager un ensemble de pratiques, en s’appuyant sur la variété, le pilotage de l’azote, l’apport post-épiaison.
Le plan d’Arvalis vise à encourager un ensemble de pratiques, en s’appuyant sur la variété, le pilotage de l’azote, l’apport post-épiaison. - © C. Gloria

« Le taux de protéines du blé tendre doit remonter à 11,5 % », a déclaré Jean-Paul Bordes, chef de département à Arvalis, le 19 septembre en conférence de presse. C’est l’objectif d’un plan d’actions techniques lancé dès la campagne 2013-2014 par l’Institut du végétal. Il vise à corriger une dérive qualitative de la production française. Depuis 2005, le blé tendre voit sa teneur en protéines diminuer. Une tendance confirmée cette année, avec 11,2 % de moyenne nationale. « Le marché attend plutôt 11,5 %, a-t-il expliqué. C’est souvent la limite fixée dans les cahiers de charges pour l’exportation. La demande domestique suit la même évolution. »


Un concept d’itinéraire technique protéine
La campagne de communication d’Arvalis est basée sur un itinéraire technique protéine. Trois points clés définissent ce concept : variété, pilotage, apport post-épiaison. L’idée est que pour renforcer la teneur en protéines, il faut mettre en œuvre un ensemble de pratiques. Cela commence par le choix de variétés adaptées, se poursuit par une gestion optimisée de la fertilisation azotée, et finit par l’intérêt de reporter l’azote de début de cycle vers la période épiaison floraison, où l’efficience de l’azote est la meilleure vis-à-vis de l’enrichissement du grain en protéines. Plusieurs actions de communication ont déjà commencé et vont se poursuivre au cours de la campagne, avec notamment la diffusion de documents, des réunions entre techniciens et agriculteurs, ou encore la tenue d’un colloque.


Développer l’aide à la décision
Arvalis poursuit par ailleurs son implication dans la diffusion des outils d’aide à la décision et notamment ceux de pilotage, qui ont pour intérêt de s’approcher de la dose optimale d’azote, en préservant la production et en réduisant les risques pour l’environnement. Près d’un million d’hectares sont déjà concernés. L’ambition pour le service Farmstar est de maintenir la courbe de croissance à 60 000 ha supplémentaires chaque année.
À propos de cette démarche, Arvalis proposera aux organismes stockeurs impliqués de mettre en place un réseau de comparaison entre les parcelles pilotées et celles conduites en itinéraire conventionnel. Il s’agit pour l’Institut d’accompagner la communication sur les bonnes pratiques.
Arvalis vise aussi à renforcer l’inscription de variétés à forte efficience de l’azote pour le rendement et la teneur en protéine. Un travail de longue haleine, sachant que le cycle de sélection est de l’ordre de 8 à 10 ans pour le blé. Par ailleurs, de nouveaux axes de recherche sont en cours. Le champ des facteurs étudiés est vaste, puisqu’il couvre des aspects aussi différents que la connaissance des produits organiques, les capteurs, l’analyse de terre, les pertes gazeuses, les nouveaux engrais, la génétique.

 

Zoom sur... Fongicides : un gain de 4,30 € pour chaque euro investi, d’après BASF

Chaque euro dépensé dans la protection fongicide sur blé tendre aura permis de gagner 4,30 euros. Tel est le retour sur investissement calculé par BASF sur la récolte 2013. Une année à forte pression des maladies, comme l’a expliqué le leader mondial de la chimie en conférence de presse le 19 septembre. Dans son simulateur, l’enveloppe fongicide atteint un niveau élevé, à 80 €/ha. Mais les autres paramètres 2013 se situent dans des valeurs médianes : une nuisibilité de 20,2 q/ha sur les essais BASF Agro, le rendement à 72 q/ha, un prix au producteur de 165 €/t. Au final, la marge brute hors PAC atteint 750 €/ha de blé tendre. Elle est du même ordre de grandeur pour l’orge d’hiver, avec un retour sur investissement fongicides de 4,50 € pour chaque euro investi et une nuisibilité de 19,5 q/ha. « Les fongicides restent un outil primordial pour la compétitivité et la performance de la filière céréalière », a souligné Jérôme Tournier.

Un marché en croissance de 3 %
La forte pression des maladies en 2013 se traduit par un marché en croissance de 3 %. En valeur, il atteint 493 millions d’€ pour les fongicides destinés aux céréales. Bayer tire son épingle du jeu, avec une part de marché de 36,9 % (+1,9 %). « Si le marché global croît modestement, la demande en fongicides s’oriente vers l’innovation », a-t-il souligné. Illustration avec l’avènement des SDHI, qui gagnent près de 1,5 million d’hectares. Leur développement devrait se poursuivre. Pour la campagne suivante, BASF Agro table sur des SDHI passant de 70 % à 80 % des blés et de 80 % à 90 % des orges. Cela représenterait 600 000 ha supplémentaires entre 2013 et 2014.

« Le bon traitement au bon moment »
Un enseignement de la campagne 2012-2013 est que plus la pression des maladies augmente, plus l’investissement en fongicides s’accroît. Les chiffres relativement stables de 2,2 passages pour une enveloppe de 80 €/ha sur blé tendre cachent de grandes disparités. Certaines régions grimpent en valeur de plus de 20 %, comme la Lorraine, les Rhône-Alpes, la Champagne-Ardenne, le Poitou-Charentes. À l’opposé, de fortes baisses sont constatées dans les Pays de la Loire, en Normandie, en Franche-Comté. « Le bon traitement au bon moment est devenu la règle », a souligné Jérôme Tournier. Les travaux de BASF Agro montrent un gain de 6 q/ha grâce à un bon positionnement des produits à programmes identiques.

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