Le Syndicat Agricole 07 juin 2013 à 15h00 | Par Elodie Gagliardi

Blé - Faut-il craindre des dégâts à la méïose ?

Zoom sur l’une des conséquences possibles des conditions climatiques défavorables.

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Ces derniers temps, les conditions climatiques ont pu être défavorables au moment de la méïose, mais de manière fugace. (© G. Omnès) Estimation des stades du blé Conditions climatiques et méïose à Radinghem La méïose

Le stade de la méiose pollinique est critique dans l’élaboration du rendement, car il va conditionner la fertilité du pollen et donc la fertilité-épi de la culture. Cette phase très courte (elle ne dure en effet que quelques jours) est caractérisée par des besoins en photosynthèse instantanée élevés, qui peuvent ne pas être satisfaits si les conditions météorologiques sont défavorables (manque de températures, manque de rayonnement ou stress hydrique).
Des travaux remontant aux années 1990 (Demotes-Mainard, 1994) ont mis en évidence une influence prépondérante du rayonnement sur la température, de même que des différences variétales. Les dégâts les plus importants sont observés lors d’une séquence répétée de jours à faibles températures associée à des très faibles valeurs de rayonnement (comme en 1987).
En cas de stérilité d’une proportion conséquente d’épis, la composante du rendement nombre de grains/épi est fortement réduite.

Quand a lieu la méïose en 2013 ?
Ce stade correspond approximativement au stade dernière feuille ligulée (Z39) ; on l’observe lorsque le sommet de l’épi atteint la ligule de l’avant-dernière feuille (la F2 définitive ; cf. schéma). Pour l’orge, cela coïncide avec le stade « barbes visibles ».
Pour voir à quelle date cela correspond dans la région, reportez-vous au tableau ci-dessous.

Des conditions climatiques peu favorables à la méïose en 2013 ?
Ces derniers temps, les conditions climatiques ont pu être défavorables au moment de la méïose, mais de manière fugace :
- un manque de rayonnement sur le mois de mai avec plusieurs journées à moins de 200 cal/cm2/j (seuil d’alerte retenu < 200 cal/cm2/j) entre le 19 et le 22 mai (mais les blés n’avaient pas encore atteint le stade méïose à cette date, pour la plupart des situations) ;
- et un épisode de froid avec des températures très basses le 24 mai, parfois négatives dans le secteur de Beauvais (seuil d’alerte retenu < 4 °C), mais qui n’ont été relevées qu’une seule journée. Néanmoins, un certain nombre de parcelles, les plus avancées, étaient à ce stade au moment de ce coup de froid (cf. le graphique ci-dessous, qui concerne Radinghem).

Analyse de la situation en Nord-Picardie
Les parcelles éventuellement exposées à un risque climatique au moment de la méïose (coup de froid le 24 mai accompagné de rayonnement assez faible), sont les semis précoces de début octobre en secteurs assez précoces (Picardie).
Les situations les moins avancées (semis de novembre, secteurs plus tardifs, Nord-Pas de Calais) n’ont pas encore atteint la phase sensible : la méiose y est en effet prévue début juin, ces parcelles échappent donc au risque pour l’instant.
En conclusion, les risques d’accidents de fertilité d’épis existent dans la région pour les situations les plus précoces, mais restent vraisemblablement limités compte tenu de l’hétérogénéité des stades et des dates de semis. Les dégâts ne seraient donc pas généralisés en plaine.
Ponctuellement, on ne peut pas exclure que certaines parcelles parmi les plus précoces soient touchées, selon les stades, l’exposition de la parcelle, ou encore la précocité de la variété, mais ce phénomène ne sera vraisemblablement pas généralisé à l’ensemble des parcelles de la région.
Il faut également noter qu’il y a une forte composante variétale dans l’expression de ce risque, et que les informations manquent quant à la caractérisation des variétés récentes vis-à-vis de ce problème (on se souvient encore des problèmes survenus sur les variétés Moulin et Pernel en 1987 ! Les pertes variaient de 0 à 30 %).
Les possibles conséquences visuelles n’apparaîtront qu’à la floraison (bâillement des fleurs juste après la fécondation) ou courant remplissage (nombre de grains/m2 faible) d’ici 3 semaines. Il est en effet impossible de prévoir uniquement sur la base des conditions météorologiques observées et des stades le réel impact de ces épisodes. Pour cela, il sera nécessaire, courant remplissage, de réaliser certaines observations dans les parcelles.

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