Le Syndicat Agricole 18 février 2015 à 11h00 | Par Le syndicat agricole

Biocontrôle : une demande bien présente pour ce marché à développer

Au regard de la nécessité de développer des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement, le biocontrôle est un marché porteur.

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Les pratiques innovantes, dont font partie les techniques de biocontrôle, reposent sur l'utilisation des interactions et mécanismes naturels à travers les macro-organismes (micro-guêpes par exemple) et les produits phytopharmaceutiques (micro-organismes, médiateurs chimiques, substances naturelles d'origine végétale, animale ou minérale).
Les pratiques innovantes, dont font partie les techniques de biocontrôle, reposent sur l'utilisation des interactions et mécanismes naturels à travers les macro-organismes (micro-guêpes par exemple) et les produits phytopharmaceutiques (micro-organismes, médiateurs chimiques, substances naturelles d'origine végétale, animale ou minérale). - © S. Leitenberger

Si agriculteurs et consommateurs en sont demandeurs, il reste certains leviers à actionner pour accélérer le développement du biocontrôle. La loi d'Avenir pour l'agriculture, définitivement adoptée en octobre 2014, incite dès son article premier à encourager les pratiques innovantes, dont font partie les techniques de biocontrôle. Celles-ci reposent sur l'utilisation des interactions et mécanismes naturels à travers les macro-organismes (micro-guêpes par exemple) et les produits phytopharmaceutiques (micro-organismes, médiateurs chimiques, substances naturelles d'origine végétale, animale ou minérale).

Les prémices d'une filière

Pour l'IBMA, association des producteurs de produits de biocontrôle, organisatrice d'un colloque sur les leviers de développement de cette filière le 12 février, cette définition est un point de départ. Le marché du biocontrôle n'en est qu'à ses débuts, il représentait ainsi 1,6 milliard d'EUR de chiffre d'affaires dans le monde en 2014, 550 millions d'EUR en Europe, et 100 millions d'EUR pour la France. L'ambition du secteur est de passer de 5 % à 15 % de parts de marché dans le domaine de la protection des plantes d'ici à 2020. Au-delà de la définition, la loi d'Avenir a mis en place plusieurs leviers pour le développement du biocontrôle : elle donne les moyens à l'Anses d'accélérer la mise en marché de ces produits, et encourage la recherche et le développement.

Les agriculteurs prêts à se lancer

La question des leviers d'autant plus importante que, selon une étude réalisée par InVivo, 75 % des agriculteurs se disent intéressés par les produits de biocontrôle. Première motivation invoquée au cours de ce sondage : « parce qu'ils m'ont été recommandés par mon conseiller ». Des conseillers qui s'avèrent à 89 % intéressés par ces produit, d'où l'intérêt de développer des formations spécifiques à leur encontre pour favoriser la diffusion des techniques de biocontrôle auprès des agriculteurs. Selon Antoine Poupart, directeur technique d'InVivo, « le marché est réellement prêt, en demande de biocontrôle », même s'il subsiste pour le moment un décalage, en matière de parts de marché, lié au manque de produits pertinents à disposition. L'appétence pour les pratiques alternatives est encore plus forte lorsque l'on évoque auprès des 1 100 sondés la question de la protection intégrée, qui recueille un avis favorable auprès de 88 % des agriculteurs et 92 % des conseillers. Développant une marque, « Nouvelle agriculture », la coopérative Terrena reconnaît de son côté que le risque reste le premier frein au changement pour les agriculteurs. Si 23 % de ces derniers se positionnent hors de toute dynamique de changement, une large majorité des agriculteurs s'y implique, à des degrés divers (volonté de tester, dynamique d'appropriation, dynamique d'observation avant essai).

Les consommateurs prêts à suivre ?

La volonté des agriculteurs de travailler avec des produits de biocontrôle plus respectueux de l'environnement rencontre les souhaits des consommateurs français, qui placent l'alimentation en deuxième position de leurs sources d'inquiétude quant à la santé, explique Pascale Hebel, du Credoc. Tout ce qui n'est pas naturel les inquiète, en témoigne les trois risques alimentaires qu'ils considèrent comme les plus forts : les polluants comme le mercure dans les poissons, les pesticides, et les antibiotiques. La tendance est propre à la France, puisque les autres pays européens se préoccupent davantage des maladies ou du bien-être animal. Le consommateur est-il pour autant prêt à payer un coût supplémentaire pour des produits issus d'une agriculture plus écologique ? Pas forcément, car au-delà de l'agriculture biologique qui bénéficie auprès d'eux « d'un imaginaire très fort », note Pascale Hebel, « il est très difficile de faire passer des notions plus compliquées, par exemple celle d'agriculture raisonnée », ajoute-t-elle. Le développement du marché du biocontrôle ne pourra donc pas se passer de la recherche et développement pour améliorer encore davantage l'efficacité des solutions proposées et renforcer la compétitivité des exploitations qui les utilisent.

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