Le Syndicat Agricole 12 septembre 2013 à 14h59 | Par Le Syndicat Agricole

Bière - À la bonne santé de la brasserie artisanale

La brasserie artisanale est en pleine expansion en France. Avec 38 brasseurs, le Nord-Pas de Calais perpétue la tradition de la bière locale.

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Depuis 10 ans, le nombre de brasseries artisanales a été pratiquement multiplié par 5.
Depuis 10 ans, le nombre de brasseries artisanales a été pratiquement multiplié par 5. - © DR
Depuis 10 ans, la brasserie artisanale renaît de ses cendres. Comme dans la région, les petites localités retrouvent peu à peu leur marque de bière d’antan, fruit de passionnés et d’exploitants agricoles en quête de diversité. Nicolas Rosa, directeur commercial adjoint de Malteries Soufflet, premier fournisseur français de malt, et Thierry Berger, directeur marketing du groupe, ont tenu une conférence sur ce succès récent à la brasserie O’Neil du 6e arrondissement de Paris.

Un siècle de décadence
Au début du XXe siècle, 2800 brasseries étaient recensées en France. Environ 80 % d’entre-elles se situaient dans le Nord. La production était historiquement une affaire locale, chaque village possédait sa ou ses brasseries. « Les conflits, l’industrialisation puis la mondialisation ont remis profondément en cause le tissu brassicole provoquant sa décroissance avec des fermetures, des absorptions et des concentrations », souligne Nicolas Rosa. En 2000, elles n’étaient plus qu’une centaine dans tout le pays. C’est alors que le renouveau est amorcé. En 2001, 126 brasseries sont dénombrées, 293 en 2008, 391 en 2012 puis 500 en 2013. La brasserie artisanale pétille à nouveau et plus de 60 nouvelles créations sont déjà prévues pour le premier trimestre 2014.

Le retour des « spécialités maison »
Désormais, il y a un renouveau et une place pour la bière artisanale. « Il y a un retour aux sources. Les consommateurs d’alcool, de bière comme de vin, consomment moins, mais optent pour plus de goûts et de saveur et pour des produits français, locaux, artisanaux », poursuit le responsable. Ce phénomène observé dans la filière correspond à une tendance plus générale du secteur agroalimentaire. Le public semble plus attentif au « made in France » et à la production régionale, synonyme de qualité et de traçabilité. « La principale différence entre une bière artisanale et une bière industrielle se situe dans la quantité de malt par hectolitre produit: 13 kg/hl en moyenne pour les grands brasseurs qui rationalisent, et plutôt entre 17 et 22 kg/hl pour les artisans brasseurs ». Pour obtenir l’appellation « bière », la boisson doit avoir un minimun de sucre originaire d’un produit malté. L’appellation « pur malt » signifie que 100 % des sucres proviennent du malt, qui procure plus de flaveur. Les bières locales sont souvent des bières de dégustation car les micro-brasseries respectent la saisonnalité. Leur richesse en malt leur confère davantage de goût et de corps. Les brasseurs ont la possibilité de créer des malts spécifiques avec des ingrédients particuliers. C’est pour eux que les Malteries Soufflet développent une gamme artisanale.

Malteries Soufflet jouent la proximité
Le premier collecteur privé français de céréales, le groupe Soufflet, s’implique dans le développement de la bière artisanale en produisant des malts spéciaux torréfiés, des malts de blé, des malts chocolat, café, caramels ou colorants, à travers 26 références. « La demande de maltage à façon de céréales bio pour la création de bière est exponentielle. Nous avons transformé 400 tonnes cette année, soit 20 camions dans notre usine certifiée bio d’Arcis-sur-Aube (10). Les ventes sont en augmentation de 240 % », affirme Thierry Berger. Pourtant, avec 6500 tonnes de malt, la brasserie artisanale représente une part infime des besoins de la brasserie française. En 2012, La production de bière estimée sur 500 brasseries en France était de presque 20 millions d’hectolitres. 12 brasseries industrielles (comme Heineken ou Kronenbourg) produisent 98,25 % des volumes et 488 brasseries artisanales produisent 1,75 % des volumes, soit 348000 hl. Une quantité vraisemblablement suffisante pour qu’un grand malteur s’engage dans cette niche.

Simon Playoult


Zoom sur... Les buveuses de bière à talons aiguilles
Outre les nombreux sites Web valorisant les bières locales du Nord, un groupe de défenseurs, ou plutôt de défenseuses, de la mousse artisanale est actif sur le réseau social Facebook. Avec 665 membres féminins, le « Club des buveuses de bières à talons aiguilles » balaye les stéréotypes de la bière. Il s’associe à des événements culturels, de la mode et du monde brassicole. Parmi leurs membres : Jeanne Dhaussy, maître-brasseur à la brasserie La Choulette, Annick Castelain pour la brasserie éponyme ou Julie Butez, directrice de la brasserie l’Abbaye.

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