Le Syndicat Agricole 10 janvier 2013 à 14h54 | Par Le Syndicat Agricole

Betteraves - « Une campagne exceptionnellement difficile »

Du 7 au 11 janvier, la CIB a tenu ses réunions d’informations d’hiver pour faire le point sur la campagne betteravière et l’actualité de la filière avec ses adhérents.

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« Des coups de gel survenus au mois de décembre ont aussi posé des problèmes de conservation des racines, entraînant une baisse de cadence dans les 4 usines du groupe Tereos et un écrémage des silos touchés », explique Guy Boulard.
« Des coups de gel survenus au mois de décembre ont aussi posé des problèmes de conservation des racines, entraînant une baisse de cadence dans les 4 usines du groupe Tereos et un écrémage des silos touchés », explique Guy Boulard. - © G. Omnès

Cette année, les responsables syndicaux et administratifs de la Commission interdépartementale betteravière du Nord et du Pas-de-Calais (CIB) ont débuté leurs réunions d’informations annuelles sur la zone littorale. Éric Lainé, président de la CGB, était présent lundi dernier à Socx et Nordausques, aux côtés de Xavier Laude, président de la CIB, pour apporter son soutien aux planteurs de la région « qui ont connu une campagne exceptionnellement difficile » (cf. encadré). Ces réunions ont également été l’occasion de tirer un premier bilan de la campagne betteravière 2012.


Une production betteravière moyenne dans l’ensemble
Le rendement effectif accuse un déficit de 15 t de racines par rapport à 2011 (environ 69 t/ha). Quant à la richesse, elle avoisinait les 19° en début de récolte, avant de se stabiliser aux alentours de 18° en dépit des pluies. Celle-ci décline encore entre 17,5°et 17° à partir du 15 décembre, à cause du gel.
« On constate un retour à un niveau de production moyen pour la région, avec un rendement à 82,4 t/ha à 16° », indique Guy Boulard, directeur adjoint de la CIB. On est loin des années record de 2009 et 2011, mais cela reste dans la moyenne à 5 ans qui oscille entre 80 et 85 t/ha à 16° ». En effet, les volumes produits en Nord-Pas de Calais affichent en 2012 une baisse sensible en comparaison à la campagne précédente (moins de 5 millions de tonnes de betteraves).


Une fin de campagne éprouvante
Cette campagne betteravière a été surtout marquée par des difficultés de récolte persistantes. La campagne d’arrachage a débuté dans des conditions extrêmement sèches vers le 20 septembre, puis est devenu de plus en plus difficile, voire impossible pour toute la zone littorale, à cause des fortes précipitations depuis octobre. « En dépit des conditions d’arrachages extrêmes, les betteraves déjà récoltées sont dans l’ensemble relativement propres, observe Guy Boulard. L’écart entre la tare terre moyenne régionale et celle du groupe n’est pas plus important cette année que lors des campagnes antérieures ». Celle-ci s’élève néanmoins à 16 %, soit près du double de l’année dernière (8,6 %). Le directeur adjoint de la CIB relève également une augmentation de près d’un point de la tare collet, soit 10 en 2012, contre 8,7 en 2011. Une tendance que l’on retrouve au niveau national.
« Des coups de gel survenus au mois de décembre ont aussi posé des problèmes de conservation des racines, entraînant une baisse de cadence dans les 4 usines du groupe Tereos et un écrémage des silos touchés », explique Guy Boulard. Et de préciser: « Des consignes de bâchage ont été données pour les silos dont la date de mise à disposition était postérieure au 21 décembre inclus. Les planteurs concernés qui ne les ont pas respectées (environ un tiers), devront prendre en charge eux-même l’écrémage des silos et les betteraves ne seront pas achetées ».


La qualité des réceptions pose aussi problème
Par ailleurs, ce dernier a évoqué les problèmes rencontrés lors des réceptions des racines par les usines, notamment lors du lavage et du décolletage des betteraves. « Des lavages trop agressifs, provoquant entre 1 et 3 % de pertes de rendement, nous on conduits à intervenir dans les sucreries. La situation s’est améliorée en cours de campagne, mais nous ne sommes pas encore satisfaits », dit-il. Quant au décolletage, la morphologie des betteraves, qui ont poussé davantage en surface à cause des conditions climatiques, complique grandement les opérations. Néanmoins, selon Guy Boulard: « Ils ne sont pas satisfaisants. La situation n’est pas acceptable pour les planteurs ».


« La politique de gestion des surfaces se poursuit »
Les droits et contrats proposés par le groupe Tereos ont reculé de 1,3 % par rapport 2011; et les surfaces emblavées diminué de 2,5 % (54900 ha contre 56300 en 2011). « La politique de gestion des surfaces mise en place depuis plusieurs années se poursuit, souligne Guy Boulard. Elle traduit la volonté d’ajuster au mieux par rapport aux débouchés, afin de ne pas prendre le risque d’une production excédentaire, alors que l’export reste limité. Malgré tout, l’ensemble des contrats seront satisfaits ».


MDS

 


À savoir... Un supplément de prix moyen à 11,20 €/t pour 2011-2012


L’accord interprofessionnel sur le supplément de prix, signé en 2009 entre les planteurs et l’industrie sucrière, s’applique une nouvelle fois pour la campagne 2011-2012. « Le supplément de prix de betteraves quota s’élève à 11,20 €/t en moyenne pour les planteurs français », indique Alexis Patry, chargé d’études économiques à la CGB. Il leur sera versé en mars 2013. Par ailleurs, le groupe Tereos devrait accorder à ses coopérateurs un supplément de prix de 12 €/t et un complément de prix de 5 €/t pour cette même campagne (indications provisoires). Ces 2 chiffres viennent s’ajouter au prix minimum établi à 25,40 €/t. Enfin, pour les planteurs Tereos, le prix moyen de la betterave hors-quota contracté s’établit à 31,14 €/t. Néanmoins, « La remontée des prix des betteraves en 2011 et 2012 ne doit pas conduire les planteurs à sursemer en 2013 », prévient néanmoins Alexis Patry.

Zoom sur... La sucrerie d’Attin fermerait le 20 janvier


Il restait environ 1000 ha de betteraves à arracher au 7 janvier. En tout, ce sont environ 200 planteurs qui sont concernés, et près d’un quart d’entre eux n’ont encore rien récolté. « On est venu vous écouter, lance Xavier Laude. Pas vous promettre des choses que nous serons incapables de tenir. Ce n’est pas parce qu’on est responsable syndical que l’on a la science infuse ».
Le président de la CIB a confirmé que la fermeture puis la réouverture d’une usine « n’était pas une option à l’ordre du jour, ni envisagée par Tereos dans l’état actuel de la situation ». Et d’ajouter: « Ce n’est pas une question financière, assure-t-il. Si il fallait mettre 500000 € sur la table pour vous sortir de la panade, le groupe les mettrait. On est une coopérative, entre agriculteurs, on doit pouvoir être capables de faire des efforts ». La cadence de l’usine d’Attin a été réduite à 2500 t de betteraves/jour, afin de prolonger la campagne jusqu’au 20 janvier. Quant à l’usine de Lillers, dont la fermeture était initialement prévue pour le 5 janvier, celle-ci n’a fermé ses portes que le 10 à cause de problèmes de filtration.
Xavier Laude regrette néanmoins que les betteraves arrachées en fin de semaine dernière aient été directement traîtées sur Lillers vu l’état des silos. « On nous avait pourtant annoncé que tout ce qui serait récolté en janvier servirait à prolonger l’ouverture d’Attin ». La priorité de Tereos reste d’arracher un maximum de betteraves avant le 20: « Nous avons prévu de faire remonter des machines de Boiry, ainsi que des trémies pour les silos, confirme Gautier Leblanc. Des chantiers vont sûrement se libérer dans les prochains jours ». Pour Xavier Laude, les planteurs qui en ont la possibilité doivent y aller: « Cela ne sert à rien de jouer avec le feu. Il faudra bien sortir les betteraves. »

EN CHIFFRES

5756
Le nombre de planteurs de betteraves dans la région Nord-Pas de Calais. 86 % d’entre eux sont coopérateurs Tereos, 7 % livrent à Téreos mais ne sont pas coopérateurs, 6 % livrent à la SVI Ste Émilie et 1 % à la SLS Eppeville Roye.

82,4 t/ha
Le rendement moyen ramené à 16° pour le Nord-Pas de Calais pour la campagne 2012. Celui-ci est inférieur au rendement moyen national qui est de 86 t/ha à 16°.

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