Le Syndicat Agricole 13 novembre 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Betteraves - Des rendements corrects dans un marché du sucre déprimé

Deux tiers des arrachages ont été effectués. Le syndicat betteravier du Nord-Pas de Calais tire les premiers enseignements de cette récolte 2014.

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« Il faut mettre en avant le bon travail des entrepreneurs de travaux agricoles qui ont pris en compte les nouvelles exigences fixées par la forfaitisation de la tare collet », affirme Xavier Laude, président de la CIB.
« Il faut mettre en avant le bon travail des entrepreneurs de travaux agricoles qui ont pris en compte les nouvelles exigences fixées par la forfaitisation de la tare collet », affirme Xavier Laude, président de la CIB. - © L. Vimond

Entre la fin de la campagne 2010-2011 et avril 2014, le cours du sucre brut est passé de 415 à 257 €/t. La campagne 2014-2015 se déroule donc dans un contexte de marché du sucre déprimé. Néanmoins, grâce à la météo clémente de l’automne, les chantiers de récolte se déroulent globalement dans de bonnes conditions. Dans le Nord-Pas de Calais, au 2 novembre, deux tiers des arrachages de betteraves et la moitié des réceptions en usine ont été effectués. Le rendement record annoncé avant le début des arrachages a finalement été revu légèrement à la baisse. En cumul depuis le début de la campagne, le rendement à 16° s’établit à 86 t/ha (cf. tableau des chiffres en région par sucrerie). La commission interdépartementale betteravière du Nord-Pas de Calais (CIB) estime que le rendement final pourrait s’établir à un niveau correct, sans être exceptionnel, aux environs de 91 t/ha, soit une moyenne supérieure à celle des cinq dernières années mais inférieure aux records historiques de la récolte 2011 (96 t/ha à 16° pour une richesse à 19°).


La forfaitisation de la tare collet généralisée
Cette année, le niveau de richesse s’établit, pour le moment, à 17,8°. « Ce résultat un peu décevant s’explique par la forte pression des maladies foliaires cette année, notamment le mildiou qui a surtout sévi dans le sud de la région, avance Guy Boulard, directeur adjoint de la CIB. La protection fongicide n’a pas toujours été adéquate. »
Côté fabrication, la qualité des réceptions est au rendez-vous. La forfaitisation de la tare collet (remplacement du décolletage manuel par un collet forfaitaire et identique pour tous les planteurs) a été généralisée à la plupart des sucreries françaises et le système donne satisfaction. « Il faut mettre en avant le bon travail des entrepreneurs de travaux agricoles qui ont pris en compte les nouvelles exigences fixées par le nouveau système », affirme Xavier Laude, président de la CIB. Et d’ajouter : « L’objectif est d’avoir le moins de pétioles possible tout en ramenant le maximum de sucre à l’usine. On aurait pu craindre une dérive avec des betteraves insuffisamment décolletées, mais ce n’est pas le cas. » Le président de la CIB souligne aussi la performance du parc matériel dont sont équipées les entreprises de la région. « Le matériel évolue dans le bon sens avec une quasi généralisation des arracheuses intégrales », note-t-il.


Une baisse des surfaces de 5 %
Concernant le revenu sucrier, la campagne ne sera pas bonne. Au niveau des cours mondiaux, aucune embellie n’est prévue dans les prochains mois. Pour la récolte 2014, les betteraves sous quota ne seront sans doute pas payées plus que le prix de base.
Pour les betteraves hors quota, les cours de l’éthanol sont aussi au plus bas. « C’est une année de transition pour laquelle les difficultés de trésorerie ne se feront pas encore ressentir, précise Xavier Laude. Car en mars 2015, les planteurs vont recevoir le supplément de prix pour la récolte 2013 ».
Selon les secteurs, la fin de campagne devrait être anticipée de quelques jours en raison de la richesse et du rendement inférieurs aux prévisions de départ. Les sucreries de la région devraient donc stopper leur fabrication entre le 5 et le 10 janvier 2015. Pour l’an prochain, la diminution des contrats (industriels privés et coopératives) devrait entraîner, selon la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), une baisse des surfaces de l’ordre de 5 % en France.

Virginie Charpenet

Zoom sur... Tereos veut renforcer sa position sur le marché mondial du sucre

Avec la création de Tereos Commodities, le 1er groupe sucrier français, Tereos développe une offre de négoce et de distribution, alors que la commercialisation du sucre se faisait auparavant directement à partir des filiales. La mise en place de cette nouvelle branche répond à l’ambition du groupe de détenir 15 % du marché mondial à l’horizon 2020, Tereos anticipant la fin des quotas sucriers prévus en 2017 et la possibilité retrouvée d’exporter « sur un marché mondial porteur, dont la croissance de 2 à 3 % par an est tirée par les pays émergents ». Le groupe s’appuiera sur « ses positions industrielles fortes en Europe et au Brésil (...) et ses implantations en Afrique de l’Est ». Tereos Commodities sera implantée à Genève et gérera la commercialisation directement pour ses clients avec les avantages d’une « supply chain (chaîne logistique) plus intégrée depuis la production agricole jusqu’aux zones de consommation ». Le groupe a prévu d’augmenter sa production en Europe de 20 % d’ici à 2020.

La fin des quotas au cœur des préoccupations de la filière

Les arrachages battent leur plein, mais c’est la perspective de la fin des quotas qui occupe tous les esprits. La filière se penche de plus en plus sérieusement sur l’organisation à mettre en place après 2017. « Pour l’instant, il y a un manque de visibilité pour les planteurs, on les a averti depuis plusieurs années que la fin des quotas allait entraîner une augmentation de la production de 20 % à l’horizon 2017 et l’an prochain les surfaces vont diminuer, constate Xavier Laude. Mais il faut rappeler aux planteurs que nous sommes dans le système des quotas pendant encore 3 ans ».
L’enjeu de l’après quota sera de fixer des règles pour partager équitablement le revenu sucrier entre planteurs et industriels. « Quand les prix seront au rendez-vous, il faudra partager le gâteau, estime le président de la CIB. Mais les moins bonnes années, il faudra aussi accepter les baisses de revenus ».
La filière travaille actuellement sur les futurs accords interprofessionnels qui seront mis en place après 2017. « La fin des quotas ne signifie pas la fin des accords interprofessionnels, précise le représentant professionnel. Nous avons l’ambition de garder une filière organisée ». Et de conclure : « La betterave doit rester une culture rentable qui permet à l’agriculture de tirer un revenu correct ».

V.CH.

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