Le Syndicat Agricole 21 octobre 2016 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Betteravenir : les innovations de la filière pour préparer l’après-quotas

Un mois après PotatoEurope, la filière betterave choisit elle aussi les Hauts-de-France pour organiser son plus grand salon européen, les 26 et 27 octobre à Moyvillers (60).

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La totalité des machines en démonstration seront des intégrales. Treize chantiers de récolte seront présentés
par les constructeurs.
La totalité des machines en démonstration seront des intégrales. Treize chantiers de récolte seront présentés par les constructeurs. - © Le Syndicat Agricole

Alors que la fin des quotas approche et que les contraintes environnementales se complexifient, les représentants de l’ensemble de la filière betterave-sucre se mobilisent à Betteravenir les 26 et 27 octobre 2016 à Moyvillers, dans l’Oise, pour proposer des solutions concrètes pour l’avenir. Plus de 160 exposants seront présents pour mettre en avant les innovations et recherches de pointe dans les domaines du machinisme, des semences, des engrais et des produits de protection, ou encore de l’agronomie et du numérique. Près de 12 000 visiteurs sont attendus pour le plus grand salon européen consacré à la betterave, organisé tous les deux ans.

Le monde de la betterave au grand complet
Le point fort de Betteravenir, ce sont évidemment les démonstrations dynamiques des arracheuses de betteraves. Treize chantiers de récolte seront présentés par les constructeurs : Franquet, Gilles, Grimme, Holmer Exxact, Ropa et Vervaet. L’atelier « Récolte et conservation » donnera des clés pour répondre aux enjeux post-2017 sur la qualité de production, la conservation des silos ainsi que sur l’aspect économique et organisationnel du travail au travers de l’outil d’aide à la décision Perfbet. Le rendez-vous « Préservation du sol » abordera l’étape de la récolte sous l’angle environnemental avec les derniers résultats sur le tassement du sol en betterave : comment le prévenir et comment le détecter ? Quel est l’impact des arracheuses ? Mais la véritable nouveauté de cette 6e édition de Betteravenir, c’est le « village technique » : des ateliers et des échanges avec les experts de l’ITB, l’IRBAB et leurs partenaires* sur les dernières avancées techniques en récolte de betterave. Par ailleurs, un stand sous chapiteau sera dédié au programme de recherche génomique Aker. Ce programme, qui est à mi-parcours (2012-2020), est innovant à la fois par le nouveau matériel génétique qu’il prépare pour la filière, et par les outils et méthodes qui permettent de le mettre au point d’ici 2020. Plus de 3 000 génotypes en cours de sélection seront phénotypés en 2018 et 2019.

55 ha dédiés aux arracheuses intégrales
L’événement va se dérouler sur les terres de Dominique Ouachée, à Moyvillers. L’exploitation se trouve à une quinzaine de kilomètres à l’Est de Compiègne. Cela fait déjà deux ans que le polyculteur anticipe l’organisation du salon sur ses parcelles (assolement de la campagne précédente, donc dès les semis de 2014). Ce sont 55 ha d’un seul tenant, dans un même îlot, qui ont été implantés en betteraves uniquement pour les démonstrations de récolte organisées dans le cadre de l’édition. « L’année a été extrêmement atypique, avec un excès d’eau couplé à un manque d’ensoleillement », rappelle Dominique Ouachée. Conclusion : alors que les betteraves couvrent totalement le sol début juin, parfois fin mai, elles ont pris cette année un mois de retard. Malgré tout, avec un été et un début d’automne secs, l’état de la culture semble très satisfaisant pour la mise en place des chantiers de récolte. La majorité des chantiers seront des intégrales de 12 à 25 tonnes de trémie et de 6 à 12 rangs d’arrachage. Ces machines seront complétées par un chantier décomposé et une arracheuse chargeuse. De nombreuses machines seront pour la première fois en démonstration en France, ce qui permettra aux visiteurs de découvrir les dernières innovations. Près de 20 ha ont déjà été récoltés (les fourrières) et mis en silos. Une demande a été faite auprès de Tereos pour que l’enlèvement soit effectué rapidement après la manifestation, car une partie de la récolte aura été manipulée plusieurs fois.

Une lourde logistique
L’organisation matérielle, les emplacements des chantiers et des stands des quelque 160 exposants ou encore la sécurisation des lieux et des accès sont gérés par les équipes de l’ITB. Une parcelle de 13 hectares, qui a été en partie semée en herbe, est réservée aux exposants. Une partie est consacrée à d’autres démonstrations que la récolte de betteraves : déterrage, bâchage et démonstrations dynamiques de broyage de couverts végétaux. Quatre hectares d’engrais verts ont été semés. Dix autres hectares ont été semés en herbe pour les parkings. Des chemins enherbés ont été aménagés à partir du grand chapiteau d’accueil pour l’accès des exposants aux stands, aux points de restauration et à tous les chantiers, et pour la présentation des matériels par des défilés. L’organisation de cette manifestation profite aussi d’une plateforme stabilisée de 6 000 m2. Elle est utilisée pour l’occasion pour la logistique et les engins de chargement ou de manutention : une quarantaine de camions défilent chaque jour pour venir livrer les structures, les consommables et les matériels. Cela aura duré une quinzaine de jours avant, et après il faudra tout enlever. Dominique Ouachée pourra alors récupérer ses parcelles pour ses semis de blé.

* L’Institut technique de la betterave (ITB), l’Institut royal belge pour l’amélioration de la betterave (IRBAB) et les partenaires du village technique : Agro-Transfert, la Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France, Michelin, le Syndicat betteravier de l’Oise et Tereos.

Bernard Leduc

Zoom sur... Une nouvelle cartographie betteravière des régions

Sur les 390 000 hectares implantés en betteraves sucrières en France, les régions Hauts-de-France et Grand Est prédominent largement. À elle seule, la région Hauts-de-France représente la moitié de la production : avec 10 sucreries, elle dispose de 185 000 hectares cultivés en betteraves à sucre. Viennent ensuite le Grand Est (Champagne-­Ardenne – ­Alsace), avec 95 000 hectares et cinq sucreries, et l’Île-de-France avec 42 000 hectares et deux sucreries.
Puis la Normandie, qui compte trois sucreries pour une surface emblavée de 31 000 hectares, et le Centre avec quatre sucreries pour 30 000 hectares semés. Auvergne - Rhône Alpes (Puy-de-Dôme et Allier) dispose de 5 000 hectares et d’une sucrerie, la Bourgogne (Yonne) de 1 300 hectares et les Pays de Loire (Sarthe) de 500 hectares.

Une production française de 32,3 Mt

La récolte 2016 de betteraves industrielles est estimée à 32,3 Mt et diminuerait de 3,6 % par rapport à 2015 et de 8 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Deux jours consacrés à la betterave

Mercredi 26 et jeudi 27 octobre :
Ouvert de 8 h 30 à 18 h - Entrée libre.
• 8 h 30 - 10 h 30 et 14 h 30 - 16 h 30 : démonstrations dynamiques libres de matériels de récolte, déterrage, et bâchage.
• 11 h - 12 h 30 : défilé des machines commenté par les constructeurs.
• 8 h 30 - 18 h : visite libre des stands.
Restaurants et snacks sur site.

Plus d’informations sur www.betteravenir.com

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