Le Syndicat Agricole 15 octobre 2015 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Avec son nouveau poste d’inspection frontalier, Dunkerque a du PIF

Le 3e port de France a inauguré un bâtiment dédié aux contrôles vétérinaire et sanitaire à l’import. Il doit notamment permettre d’attirer de nouveaux trafics.

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Le PIF de Dunkerque est agréé pour effectuer des contrôles sur les produits d’origine animale destinés à la consommation humaine, les produits d’origines animale et végétale destinés à l’alimen © DR Les personnalités ont coupé  le ruban d’inauguration dans un conteneur. Pour le sous-préfet de Dunkerque Henri Jean, le bâtiment symbolise la « capacité d’adaptation et de modernisation » d © Port de Dunkerque

Agrumes et poivrons du Maroc, poissons congelés de Madagascar ou encore oranges du Brésil et emballages en bois en provenance de Chine… Tous ces produits qui arrivent chaque jour sur notre territoire subissent des contrôles avant de circuler librement dans l’Union européenne. Afin de renforcer ces vérifications, le port de Dunkerque s’est doté d’un nouveau poste d’inspection frontalier (PIF). Il a été inauguré en grande pompe vendredi 9 octobre en présence de nombreuses personnalités.
Ce PIF/Sivep (Service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières) est le troisième créé en France, après ceux de Roissy et du Havre. Le port dispose ainsi d’un « outil indispensable pour toute entreprise souhaitant importer des produits d’origine animale ou végétale ». La construction du bâtiment de 600 m2 a nécessité 2 millions d’euros d’investissement dont 800 000 euros financés par la Communauté urbaine de Dunkerque. Placé sous l’autorité directe du Sivep central du ministère de l’Agriculture, son objectif principal est d’assurer la protection du consommateur et du territoire. La structure devrait permettre de contrôler plus de 5 000 conteneurs par an, contre 1 000 actuellement, dans des conditions facilitées.

Contrôle documentaire et physique
Le PIF de Dunkerque est agréé pour effectuer des contrôles sur les produits d’origine animale destinés à la consommation humaine, les produits d’origines animale et végétale destinés à l’alimentation animale, et enfin les végétaux et produits végétaux. Dans un premier temps, à l’arrivée des conteneurs, c’est un contrôle documentaire qui est effectué : les agents vérifient les garanties apportées par le pays tiers. Il est suivi d’un contrôle physique au cours duquel l’inspecteur va voir la marchandise, vérifie qu’elle est conservée à la bonne température par exemple, et effectue des prélèvements.
Sarah Michot, vétérinaire inspecteur du Sivep Dunkerque, est à la tête de l’équipe qui va occuper les nouveaux locaux : celle-ci se compose de trois personnes présentes sur les lieux en permanence, auxquelles pourront s’ajouter des agents de la Draaf Nord-Pas de Calais en cas de flux de marchandises importants.
« En 2014, nous avons inspecté 631 lots de denrées animales et réalisé 215 inspections en végétaux et produits végétaux, détaille la vétérinaire qui assure qu’aucune anomalie n’a été constatée cette année-là. À partir de la réception d’un dossier jusqu’au moment du contrôle, il faut compter un délai de 24 heures pour les végétaux et de 48 heures pour les denrées animales. Si le dossier est envoyé en amont, le contrôle peut être effectué dès l’arrivée du bateau dans le port. » Ces contrôles durent ensuite trois quarts d’heure environ. Ils permettent de vérifier la conformité des marchandises, et de s’assurer que celles-ci ne sont pas porteuses de maladies ou de nuisibles invasifs. Si tel est le cas, le lot est détruit ou renvoyé dans le pays tiers d’origine.

Distorsion de concurrence
Si « la France fait ce qu’il faut » en matière de contrôles, assure Adeline Croyère, chef du Sivep central, ce qui explique des délais parfois un peu longs, ce n’est pas le cas de tous ses voisins : « La réglementation vétérinaire est très cadrée. Mais en ce qui concerne l’importation de végétaux, il n’y a qu’une directive, moins précise, qui laisse plus de marge de manœuvre. Ainsi, certains pays réalisent parfois 10 fois moins d’échantillonnages que nous, ou ne vérifient que le scellé d’un lot ». Adeline Croyère précise toutefois que ces pays, notamment les Pays-Bas et la Belgique, « ont d’autres sensibilités et sont par exemple plus attentifs envers le bois de Chine. Chacun a son cheval de bataille lié à son historique et à sa sensibilité agricole. Les pays doivent néanmoins rectifier le tir. Il y a encore du travail à faire là-dessus, mais nous travaillons à sensibiliser la Commission européenne. »
Quoi qu’il en soit, le nouveau bâtiment est là pour améliorer les conditions de contrôle et leur efficacité. Il s’inscrit dans un contexte de développement du 3e port français. « Dunkerque va pouvoir, grâce à cette nouvelle structure, confirmer sa position de leader dans la filière des produits sous température dirigée, a félicité Stéphane Raison, président du directoire de Dunkerque-Port. Cette construction est une avancée réelle, nous nous devions d’avoir un outil aux normes pour la grande région Nord-Pas de Calais – Picardie. »

Laura Béheulière

Zoom sur... Le Sivep, késaco ?

Les postes frontaliers chargés des contrôles sanitaires à l’importation (provenance de pays extérieurs à l’Union européenne) sont regroupés dans un service à compétence nationale directement rattaché à la DGAL : le Service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières (Sivep). Au niveau national, le Sivep compte « 70 postes frontaliers et 100 agents répartis dans les grands ports et aéroport du pays », détaille Adeline Croyère, chef du service central. « Les agents contrôlent les marchandises en provenance des pays tiers avant qu’elles ne soient en libre circulation. C’est le dernier rempart avant l’Union européenne. »
Le Sivep comprend :
- des postes d’inspection aux frontières (PIF) chargés du contrôle d’importation des produits d’origine animale et des animaux vivants. La France compte 22 PIF ;
- des points d’entrée désignés (PED) chargés du contrôle d’importation des aliments pour animaux d’origine non animale. Les PED sont au nombre de 33 ;
- des points d’entrée communautaires (PEC) désignés pour le contrôle phytosanitaire d’importation des végétaux et des produits végétaux. Les PEC sont au nombre de 19. Au total en 2014, près de 95 000 lots ont été contrôlés et 1 136 ont été refusés.

Conditions d’importation pour les professionnels
Impadon est une base de données regroupant l’ensemble des conditions sanitaires pour l’importation des animaux vivants et des produits d’origine animale et désormais des végétaux et des produits végétaux, provenant des pays tiers vers l’Union européenne. En clair, le site d’Impadon permet de répondre à la question « L’importation de ce produit est-elle autorisée et sous quelles conditions » ?

- © DR

Le Bougainville en escale à Dunkerque

Vendredi 9 octobre, un des plus grands porte-conteneurs au monde battant pavillon français était en escale dans le port de Dunkerque. Nous avons eu la chance de pouvoir longer ce colosse des mers, long de près de 400 mètres. Propriété du troisième groupe mondial du transport maritime CMA-CGM, il peut transporter jusqu’à 18 000 conteneurs. Inauguré il y a deux mois, il voyagera sur la route maritime reliant l’Asie à l’Europe du Nord.

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