Le collectif pour maîtriser les coûts
Réforme de la Pac, marchés agricoles un peu fous, c’est dans une actualité bousculée que la FNCuma a organisé, jeudi 29 mai, son assemblée générale à la Défense (Hauts-de-Seine). Et si le réseau croit en son avenir, il dispose de sujets d’inquiétude supplémentaires : le cafouillage des prêts bonifiés Cuma, et les pressions sur la fiscalité de la coopération.
Coopérer pour gagner sa liberté dans un monde où tout semble vouloir s’imposer, voilà le nouveau cheval de bataille des FNCuma. « Nous sommes de moins en moins nombreux, notre métier est de plus en plus difficile, regroupons-nous. La porte d’entrée dans les Cuma n’est pas seulement économique. Il s’agit d’un groupe structuré qui peut rassurer un jeune installé », plaide Stéphane Gérard, trésorier de la FNCuma. Car avec la fluctuation des cours, des formes sociétaires, l’idée d’une montée des individualismes trotte dans toutes les têtes. Une idée qui fera son temps, selon Christian Pèes, président d’Euralis et invité à débattre pour cette assemblée générale. « La désolidarisation, je la connais dans ma Cuma comme chez Euralis. Mais avec la volatilité des cours, on peut aussi se regrouper pour tenir par gros temps », assure-t-il. Une chose est sûre : les temps changent, et les Cuma entendent bien faire valoir leurs atouts dans le nouveau contexte : « L’avenir n’est pas tracé d’avance. Il reste à construire. Et c’est une chance ! Car nous avons des atouts. Et notre plus bel atout, ce sont nos pratiques coopératives. Quand les coûts s’envolent, quand les prix fluctuent, nous savons que dans nos groupes, nous avons encore des marges de manœuvre pour conforter le revenu des agriculteurs. Quand l’énergie coûte cher, nous savons que dans nos groupes, nous pouvons produire et utiliser des énergies renouvelables », assure Jean-Pierre Carnet, président de la FNCuma.
Deux dossiers à suivre
Mais il reste une poignée d’embûches sur la route de la coopération, à commencer par les prêts bonifiés. Jean-Pierre Carnet décrit une situation « rocambolesque pour ne pas dire désastreuse » : la baisse des taux consentie en 2006 ne semble pas avoir été accompagnée des moyens nécessaires de la part de l’Etat. « Faites des MTS » (prêts à moyen terme spéciaux), a-t-on lancé aux agriculteurs. Et quelques mois plus tard, on leur dit « Y’a plus d’argent ». Ce n’est pas sérieux. Le ministère voudrait montrer que les MTS sont inutiles en les rendant inutilisables, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Cinq millions d’euros de bonification, c’est tout ce que nous demandons. C’est peu au regard des économies induites par les Cuma. Réduire de 30 euros/ha les charges de mécanisation, c’est plus de 450 millions d’euros d’économie directe pour l’agriculture française », insiste Jean-Pierre Carnet. Seconde épine dans le pied de la coopération, une plainte déposée à Bruxelles contre l’État français pour concurrence déloyale. La fiscalité de la coopération est en ligne de mire et l’Espagne, l’Italie, la Norvège pourraient connaître le même sort. La FNCuma s’oppose fermement à toute remise en cause de la fiscalité de la coopération en réaffirmant ses valeurs, ses devoirs, et ses droits.
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