Le Syndicat Agricole 18 avril 2013 à 13h50 | Par Le Syndicat Agricole

ARVD - La vente directe à l'épreuve de l'après-quotas

L'Association régionale des vendeurs directs de produits à la ferme a tenu son Assemblée générale lundi dernier à Lozinghem.

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Dans le cadre d’un atelier beurre ou crème, la possibilité qu’ont les éleveurs de vendre leur lait écrémé à la laiterie s’avère essentielle à la rentabilité de cet atelier.
Dans le cadre d’un atelier beurre ou crème, la possibilité qu’ont les éleveurs de vendre leur lait écrémé à la laiterie s’avère essentielle à la rentabilité de cet atelier. - © J. Chabanne

« On n'oublie pas les vendeurs directs », lance Marie-Henriette Hemelsdael lors de l'Assemblée générale de l'Association régionale des vendeurs directs de produits à la ferme (ARVD). Pourtant, la vente directe apparaît aujourd'hui comme le parent pauvre de la contractualisation laitière. Il n'y a en effet pas d'obligation de l'intégrer dans les contrats puisqu'ils concernent seulement le lait entier livré en laiterie. Cependant, avec la fin du régime des quotas au 31 mars 2015, quel sera le devenir du lait écrémé collecté par les laiteries ? L'enjeu est de taille puisque 1 producteur de lait sur 6 fait de la vente directe dans le Nord-Pas de Calais.

Des garanties pour le lait écrémé
L'objectif principal étant de protéger les acquis historiques de gestion de la production : « On se bat pour que le lait écrémé puisse continuer à être ramassé par les transformateurs, indique la présidente de l'ARVD. Sachant qu'aujourd'hui, il s'agit d'un contrat tacite entre le producteur et son collecteur ». Dans le cadre d'un atelier beurre ou crème, la possibilité qu'ont les éleveurs de vendre leur lait écrémé à la laiterie s'avère essentielle à la rentabilité de cet atelier. Au-delà d'une garantie de collecte. « Cela passe aussi par une garantie sur les volumes qui pourront être collectés sans restriction, explique Frédéric Blondel de l'ADPL 62. Ainsi qu'un engagement sur un niveau de prix comparable à l'actuel, c'est-à-dire sans rabotage ».

Quelle gestion des volumes laiterie et vente directe ?
Autre point qu'il faudra éclaircir : la gestion des volumes laiterie et vente directe. Sur le plan administratif, les quotas en vente directe continueront à être gérés au niveau départemental par les pouvoirs publics (DDTM) jusqu'en 2015. Quid de cette gestion après la fin des quotas ? « Nous travaillons à la mise en place d'un suivi des volumes en vente directe au niveau national, pour avoir des données statistiques sur la filière, précise Sophie Espinosa, directrice de la FNEC et responsable des vendeurs directs à la FNPL. Nous conseillons fortement aux vendeurs directs d'adhérer à une OP agréée pour faciliter la gestion des volumes vente directe auprès des laiteries ».
Des discussions ont d'ailleurs été engagées avec les transformateurs sur la création d'un cadre qui prévoit la reprise du quota vente directe, aussi bien par les laiteries privées que par les coopératives. « Nous avons ouvert un chantier au niveau national et régional pour que tous les quotas en vente directe puissent être repris dans les contrats, soit par un avenant ou par une ligne spécifiant le quota laiterie et le quota vente directe », insiste Marie- Henriette Hemelsdael. Il s'agit d'acter le principe du cumul des références. En clair, qu'un producteur de lait, qui a un quota laiterie et qui fait aussi de la vente directe, puisse basculer son quota vente directe sur son quota laiterie, en cas d'arrêt de son activité en vente directe (maladie, cessation d'activité). « Il est primordial que les producteurs concernés puissent poursuivre leur activité sur leur potentiel total de production, souligne Frédéric Blondel.
Il en va de la pérennité de l'atelier lait ». Et d'ajouter : « Il convient également de laisser à ceux qui livrent la totalité de leur lait à une laiterie, la possibilité de démarrer une activité de vente directe, afin de se diversifier dans le cadre d'une installation ou du retour du conjoint sur l'exploitation ».

MDS

À savoir : Focus sur la nouvelle réglementation lait cru

Sophie Espinosa, directrice de la FNEC et responsable des vendeurs directs au sein de la FNPL, a présenté l'arrêté lait cru du 13 juillet 2012, applicable depuis octobre dernier.
Cet arrêté s'applique au lait cru vendu aux consommateurs en l'état ou réfrigéré,  qu'il soit vendu directement à la ferme, sur les marchés, en distributeur automatique ou via un commerce de détail telle qu'une GMS ou une épicerie. Il ne concerne plus uniquement le lait de vache, mais aussi les laits des petits ruminants et des solipèdes domestiques.

Suppression de la patente sanitaire
Pour commercialiser du lait cru, il faut désormais demander une autorisation préfectorale, sans limite de durée. A contrario de la patente sanitaire, instaurée par l'arrêté du 6 août 1984, qui devait être renouvelée chaque année. Celle-ci a d'ailleurs été supprimée par un décret daté du 30 juin 2012. Le nouvel arrêté prévoit l'utilisation de l'eau potable pour le nettoyage et la désinfection du matériel en contact avec le lait (et non pour l'ensemble de l'exploitation ou l'abreuvement des vaches), ainsi que le refroidissement immédiat du lait après la traite. Il est possible de mélanger le lait de 2 traites successives (ou (effectuées en 24 h maximum). L'arrêté précise également les dispositions particulières à respecter en cas de commercialisation par distributeur automatique et les critères microbiologiques applicables à l'ensemble des modes de vente. La responsabilité de l'exploitant est engagée, sauf pour les micro-organismes aérobies à 30 °C (2 prélèvements par mois). L'échantillonnage peut être réalisé à n=1, si l'historique des analyses est satisfaisant.

L'étiquetage
En attendant le décret, les dispositions applicables sont l'inscription, sur l'étiquette de chaque pot individuel et sur une affichette en évidence sur le point de vente, des mentions suivantes : « Lait cru, à conserver à + 4 °C maximum, la DLC, « faire bouillir avant consommation pour les personnes sensibles (jeunes enfants, femmes enceintes et personnes dont le système immunitaire est affaibli) », le nom et l'adresse de l'exploitation, ainsi que le numéro d'identification de l'établissement délivré par le préfet.

Plus de renseignements sur le site de l'ARVD : www.produitalaferme.fr

En chiffres

421
Le nombre de producteurs détenteurs d'une référence vente directe, dont 21 producteurs caprins et 1 producteur ovin. 54 producteurs ont arrêté leur activité de vente directe lors de la dernière campagne.

353
Le nombre d'adhérents à l'ARVD, soit un taux d'adhésion de 84 %. Parmi eux, 194 sont détenteurs du logo « Produit à la ferme » et 45 producteurs sont agréés Saveurs en'Or.

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