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Le parcours atypique d’un couple de jeunes arboriculteurs

Venez cueillir vos pommes et vos poires directement sur l’arbre à Beugnies (Nord).

22 août 2011 Le Syndicat Agricole Vu 2327 fois
Tous les deux ingénieurs (agricole et alimentaire), Mathieu et Flavie Demay se sont installés en 2007. Depuis 2 ans la pommeraie du Courtil compte parmis les 13 magasins du réseau « Boutiques de l’Avesnois » géré par le PNR.

Tous les deux ingénieurs (agricole et alimentaire), Mathieu et Flavie Demay se sont installés en 2007. Depuis 2 ans la pommeraie du Courtil compte parmis les 13 magasins du réseau « Boutiques de l’Avesnois » géré par le PNR. - © DR

Le bonheur est dans le courtil. En 2006, Mathieu et Flavie Demay décident de devenir arboriculteurs. Bien dans leurs bottes et leur environnement, ils ont fait le pari de reprendre un verger pommes-poires dans l’Avesnois. Plus qu’un métier, ces derniers envisagent l’arboriculture comme un véritable choix de vie.

Un choix de vie à deux
« Nous avons réfléchi à un projet qui nous convenait à tous les 2, précise Mathieu. C’était évidemment dans le milieu agricole ». Et de poursuivre : « On n’était pas attiré par les productions animales. Flavie était plutôt partante pour faire du maraîchage ou de l’arboriculture, avec de la vente directe pour le contact client. Quant à moi, j’avais fait mon stage de fin d’études dans ce secteur, qui déjà me plaisait bien à l’époque. »
C’est le début de la prospection. Le couple se renseigne sur les exploitations à céder dans la région. Ils trouvent finalement leur coin de paradis à Beugnies dans l’Avesnois : la pommeraie du Courtil, située en bordure de la route de Solre-le-Château. Un magasin de vente directe, adossé à un verger pomme-poire de 6 ha. « Ça était un peu le coup de foudre, se souvient Mathieu. Le secteur est très sympa. » Un coup cœur qui s’avère aussi un coup de chance puisque « L’exploitation était certes à céder, mais encore très dynamique. L’ancien propriétaire a continué à investir et à maintenir l’activité jusqu’à la fin, pour la transmettre dans les meilleures conditions. »

Le parcours du combattant
Cependant l’installation n’a rien d’un long fleuve tranquille, même pour un ancien animateur des JA 62. Malgré le soutien de l’Adasea, « Les démarches ont pris du temps, plus d’un an pour aboutir. » La faute à la réforme du parcours de l’installation qui d’après le jeune arboriculteur « a nettement compliqué les choses ». Son épouse, qui était ingénieur agroalimentaire, a du repasser un diplôme agricole reconnu en plus du stage d’installation. « Celui-ci ne m’a rien apporté de nouveau par rapport à ma formation initiale », regrette-t-elle.
Du fait du changement des textes, le couple a également dû attendre la publication des nouvelles circulaires. « Soit un retard de plusieurs mois à cause de la paperasse » qui a bien failli compromettre le projet. « Le cédant était un peu pressé, glisse Mathieu. S’il pouvait encore continuer un peu, il arrivait à l’âge de la retraite. Voyant les démarches s’éterniser, il commençait à s’impatienter. »
D’autant que le sort semble s’acharner sur le couple. À 2 mois de signer, leur banque les lâche « sans vraiment de raisons ». « Notre agence nous suivait, mais le dossier de financement a été refusé par le siège régional. Le paramètre « installation hors cadre familial » a dû jouer dans la décision. Sans compter la monoculture qui leur semblait un risque trop important », philosophe-t-il.
Et d’ajouter : « Nous avons traversé des périodes de doutes et d’incertitudes, à tel point qu’on n’était plus sûr de vouloir s’installer, confie Mathieu. Beaucoup de stress et de pression, jusqu’à la dernière minute, il a fallu attendre le feu vert des banques. »

Toujours  plus près du client
Finalement, le rêve devient réalité en juillet 2007. Depuis, la petite structure a trouvé son rythme de croisière. Les Demay ont plus d’une corde à leur arc : d’un côté, un contrat de livraison sur 3 ans avec une grande enseigne locale et de l’autre une boutique de vente directe sur leur exploitation.
« La moitié de notre production de pomme se retrouve dans les rayons d’Auchan », indique le pommiculteur. On vient de signer un contrat avec eux. C’est plus sécurisant, cela apporte de la visibilité avec des commandes régulières et en quantité » Au fil des ans, un véritable partenariat s’est noué avec l’enseigne : ils assurent des animations « terroir », et ont même posé pour des affiches.
Le couple d’arboriculteur entend néanmoins poursuivre le développement de la partie « vente directe » de leur exploitation. « On a progressivement étoffer la gamme de produits locaux proposés, soulignent-t-ils. Les gens continuent d’acheter pommes et poires, mais ils prennent également d’autres produits. »
Voilà maintenant 2 ans, que le couple a adhéré au réseau « des boutiques de l’Avesnois », géré par le PNR. « Cela nous a permis d’éveiller la curiosité de nos clients et de les fidéliser », sourit Flavie. Prochaine étape : « La création d’un laboratoire de transformation pour faire des tartes et des glaces, et se lancer dans les légumes, annonce le couple. Il n’y pas pléthore de maraîchers avec qui travailler dans l’Avesnois, alors on va les cultiver sur un bout de verger ». Après tout, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

MDS

 

Zoom sur... « Objectif 0 % de résidus sur les fruits »

Poursuivre ses efforts pour offrir au consommateur une garantie de qualité et de sécurité : tel est le credo de Mathieu et Flavie Demay. Déjà certifiée PFI (production fruitière intégrée), leur exploitation adhère également à la Charte Qualité « Vergers Ecoresponsables ». Les méthodes arboricoles qu’ils mettent en œuvre au quotidien, répondent au souci de développement durable. « Diminuer les pesticides en faveur de techniques alternatives issues du bio, tout en gardant si besoin la possibilité d’intervenir », explique Mathieu Demay. Un compromis qui permet de récolter des fruits de qualité et réguliers, tout en évitant « le trop intensif » du conventionnel. Le pomiculteur souhaite même tendre vers le 0 % de résidus sur ses pommes et poires, « en privilégiant des moyens biologiques sur la fin de saison » et « si besoin des traitements avec des produits de faible rémanence, bien avant la récolte ».

MDS

 

 

 
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