Le Syndicat Agricole 03 janvier 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Apiculture - Soutenir le dialogue et faire avancer la production

Une commission permanente apiculture va être créée afin de répondre aux défis de l’actualité.

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Les problèmes rencontrés par les apiculteurs sont pour eux d’ordre multifactoriel, d’où l’intérêt d’une commission permanente.
Les problèmes rencontrés par les apiculteurs sont pour eux d’ordre multifactoriel, d’où l’intérêt d’une commission permanente. - © C. Gloria

Une section nationale apicole avait été créée en mars 2010 pour une période transitoire de trois ans, aujourd’hui écoulés. Compte tenu de la volonté des apiculteurs de poursuivre et de renforcer leur action, la FNSEA a proposé la création d’une commission permanente. L’enjeu est de ne pas laisser à d’autres le monopole de la parole sur les abeilles et l’apiculture et permettre ainsi un dialogue raisonnable entre apiculteurs et agriculteurs. Il s’agit aussi de compléter l’expertise sur les enjeux environnement et biodiversité de la FNSEA et de ses associations spécialisées.


Les ambitions des apiculteurs et des chantiers prioritaires
Les apiculteurs adhérents de la FNSEA se considèrent et souhaitent être considérés comme de véritables agriculteurs. Ils se rejoignent autour de la conviction que les problèmes rencontrés par le cheptel sont d’ordre multifactoriel et pas seulement environnemental. Dans ce cadre, la FNSEA constitue un moyen de rencontre et de dialogue privilégié avec les filières agricoles pour sortir des conflits. Plusieurs points positifs sont déjà à mettre à l’actif de la section apicole depuis sa création début 2010. On peut citer la création d’un institut technique (ITSAP-Institut de l’abeille), l’instauration de premières relations de travail avec Orama et d’autres partenaires agricoles visant à favoriser le dialogue entre agriculteurs et apiculteurs, la création fin 2011 du comité apicole de FranceAgriMer, véritable instance de dialogue entre les différentes organisations apicoles, le soutien d’une position pragmatique sur le dossier du miel OGM, mais aussi des avancées sur des dossiers plus strictement apicoles, comme sur le botulisme infantile et la formation des apiculteurs.


Fédérer un groupe de professionnels
Dans leur projet, les apiculteurs mettent en avant leur volonté de fédérer un groupe d’apiculteurs professionnels moteur pour la filière. Ils souhaitent contribuer activement aux évolutions qui seront déterminantes, notamment en défendant leur vision de la filière auprès des pouvoirs publics, en prenant part à la réflexion sur l’organisation du sanitaire, en participant à la définition des orientations de l’institut technique et en militant pour un rôle accru des Chambres d’agriculture dans le développement de l’apiculture. Enfin, ils vont contribuer à une meilleure connaissance et à une reconnaissance de l’apiculture professionnelle au sein de la FNSEA et de son réseau. Un travail syndical est indispensable au niveau des régions pour soutenir la structuration en sections régionales, d’abord en se donnant les moyens d’identifier les apiculteurs adhérents, ensuite en se mobilisant pour faire partager le projet à de nouveaux apiculteurs. Deux chantiers prioritaires sont identifiés : la défense des dossiers nationaux, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des actions préconisées dans le plan de développement de l’apiculture ; et une entrée « métier », en abordant des sujets concrets liés au partenariat indispensable sur le terrain entre apiculteurs et agriculteurs et aux conditions de création d’un atelier apicole en diversification.


Opération sucre exceptionnelle
Après deux campagnes difficiles sur le plan climatique qui ont compromis fortement la production, de nombreux apiculteurs se retrouvent dans des situations économiques difficiles. Les difficultés de trésorerie sont telles qu’elles peuvent compromettre la capacité à financer le nourrissement des ruches cet hiver. Pour y répondre, la commission a mis en place une opération solidarité sucre exceptionnelle. Le principe est simple : proposer du sucre blanc cristallisé à prix réduit pour le nourrissement des colonies au cours de l’hiver. Le sucre sera livré début février sur 6 points de livraison répartis sur la France. À partir du sucre, les apiculteurs fabriquent du sirop ou du candi en complément des réserves naturellement présentes dans la ruche pour assurer la survie de leurs colonies pendant l’hiver. Pour toute information, les apiculteurs sont invités à se rapprocher de leur animateur
syndical.

De nombreux apiculteurs ou agriculteurs-apiculteurs font déjà partie de notre réseau sans être forcément identifiés comme possesseurs de ruches. Les apiculteurs et agriculteurs-apiculteurs de la région intéressés pour participer à la vie de la section apicole sont invités à se rapprocher de leur FDSEA.

Zoom sur... Aide FAC pour les apiculteurs : les dossiers sont à retourner avant le 15 janvier

Suite à des circonstances climatiques particulièrement défavorables (succession quasi continue d’épisodes de froid et de pluie, ayant pour conséquence de bloquer les abeilles à la ruche à la sortie de l’hiver 2013), et afin de soutenir les exploitations apicoles les plus endettées, connaissant une situation financière difficile, une aide est mise en place sous la forme d’un Fonds d’allégement des charges financières (FAC).
Ce dispositif concerne la prise en charge des intérêts 2013, plafonnés dans le cas général à 20 % de l’échéance annuelle (intérêts et capital) des prêts professionnels long et moyen terme (bonifiés et non bonifiés) d’une durée supérieure ou égale à 24 mois, hors prêts fonciers.
Cette prise en charge est portée à 30 % pour les récents investisseurs et 40 % pour les jeunes agriculteurs.
Pour être éligible à ce dispositif, les critères suivants doivent être remplis :
- spécialisation en production apicole à hauteur au minimum de 75 % du chiffre d’affaires de l’exploitation, au regard du dernier exercice comptable clôturé ;
- taux d’endettement minimum de 25 %, au regard du dernier exercice comptable clôturé, le taux d’endettement étant défini comme le rapport entre les annuités des prêts professionnels et l’excédent brut d’exploitation (EBE) ;
- baisse de l’EBE d’au moins 25 % du dernier exercice clos, par rapport à la moyenne des 5 dernières années précédentes.
Le formulaire est disponible sur le site de la FRSEA : www.frsea59-62.fr ou sur les sites des DDTM. Les dossiers sont à retourner aux DDTM, au plus tard le 15 janvier 2014.

Point de vue d'Yvan Hennion, apiculteur à Halluin, membre de la section apicole de la FNSEA

« Notre enjeu : développer la production »

Nous produisons en France en moyenne 15 000 tonnes de miel par an, soit moins de la moitié de la consommation française. Les deux années passées ont été désastreuses en termes de production et d’évolution du cheptel. La priorité pour la filière apicole est le développement de la production. Pour ce faire, l’augmentation des capacités doit être encouragée par des aides aux investissements. Le travail engagé sur l’amélioration des pratiques en faveur des abeilles doit être poursuivi
en concertation avec les parties prenantes concernées. Des solutions doivent être trouvées en termes d’application de produits phytosanitaires pour définir des préconisations adaptées respectant les périodes de butinage, via l’élaboration de fiches techniques par filière. L’aspect alimentation des abeilles est également d’importance majeure.
Le développement des ressources alimentaires passe par l’encouragement du fleurissement de parcelles ou bandes non cultivées et le développement de cultures nectarifères et mellifères. Développer la production suppose aussi une politique d’installation ambitieuse. Les moyens à mettre en œuvre autour de l’installation et la formation doivent être assortis d’un vrai travail sur la transmission des exploitations. Aujourd’hui, les apiculteurs cessant leur activité voient leur exploitation démembrée avec les ruches vendues en plusieurs lots, le matériel vendu sur le marché et les bâtiments d’un autre côté. Nous devons réfléchir à la transmission des exploitations avec accompagnement du repreneur. Nous travaillons également sur la promotion de l’apiculture comme projet de diversification sur les exploitations.

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