Le Syndicat Agricole 15 mai 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Alimentation - Une agriculture forte pour une alimentation de qualité

Alors que se termine le débat régional, la FRSEA réaffirme sa position pour une agriculture diversifiée, garante d’une alimentation variée et de qualité.

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La qualité d’un produit est un concept large qui englobe beaucoup de composantes.
La qualité d’un produit est un concept large qui englobe beaucoup de composantes. - © J.C. Gutner

Nous avons assisté au lancement du débat sur la gouvernance alimentaire en mars dernier dans un contexte accusateur, initié par certains responsables politiques. S’en sont suivis des forums territoriaux  dans la région pendant le mois de mai, avec pour titre accrocheur : « Et demain qu’est-ce qu’on mange ? ». Après Le Quesnoy, Calais, Lille et Arras, ces forums se termineront le 20 mai à Loos-en-Gohelle. Ils ont réunis en moyenne une cinquantaine de personnes par forum. La FRSEA a appelé avec succès ses adhérents à participer en nombre à ces rencontres afin de porter la voix d’une agriculture diversifiée, capable de fournir au consommateur les produits qu’il attend. Les agriculteurs étaient bien représentés et ont pu s’exprimer sur leur travail, leurs produits et la filière agroalimentaire.


Une agriculture régionale reconnue
Notre culture alimentaire est basée sur la convivialité, le plaisir et le goût mais aussi sur la production agricole et l’agroalimentaire, qui offrent un large choix de produits. Le rôle des agriculteurs et de leurs filières est reconnu. Selon les derniers baromètres, 80 % des Français font confiance aux agriculteurs. Notre secteur fait également preuve de dynamisme économique. Aujourd’hui, 6 % de la population active de la région travaille dans le secteur agricole ou agroalimentaire, soit 85 000 personnes. On compte 1,7 plein-temps par exploitation, et pour 1 agriculteur, il y a 6 salariés en amont et en aval. Au final, le Nord-Pas de Calais est au 3e rang national dans le domaine agroalimentaire en chiffre d’affaires. La région a également un historique de circuits courts dû, entre autres, à la forte densité de population et à la volonté des agriculteurs d’être au plus proche des consommateurs. Les chiffres sont éloquents. 20 % des exploitations régionales commercialisent actuellement tout ou partie de leur production en vente directe. Le lien avec le consommateur va plus loin encore avec l’offre de visites. Près de 100 000 enfants et adultes sont accueillis chaque année dans 110 exploitations de la région et découvrent la production agricole moderne.


Des produits de qualité
La qualité d’un produit est un concept large qui englobe plusieurs composantes. Il y a l’aspect sanitaire, le sensoriel (goût, odeur, toucher...), les caractéristiques nutritionnelles mais aussi le respect de l’environnement, le bien-être animal (et de l’éleveur) et le prix. L’agriculture est un domaine en constante évolution, où doit régner l’amélioration continue. Les agriculteurs le savent et sont en perpétuelle évolution pour répondre au mieux aux attentes des consommateurs. Nous pouvons quand même assurer que la qualité de nos produits n’a jamais été aussi élevée qu’aujourd’hui. Que ce soit pour la consommation française ou l’export, les produits sont de plus en plus contrôlés, analysés et en conformité avec des cahiers des charges (produits locaux, standardisés, sous labels, biologiques, conventionnels, etc.). Ces cahiers des charges garantissent que les produits sont conformes à un niveau de qualité prédéfini, à un prix donné. Le consommateur a alors le choix et peut choisir ses achats selon ses propres désirs. L’agriculture d’aujourd’hui est respectueuse de l’environnement, et la modernité aidera à y être encore davantage par la sélection variétale, l’optimisation des intrants, les économies d’énergie, la formation des agriculteurs... Les agriculteurs sont en mouvement, toujours en recherche de voies de progrès. N’opposons pas les systèmes, mais cherchons à les optimiser.

 

La FRSEA remercie l’ensemble des agriculteurs qui ont participé aux débats et forum régionaux.

Retour sur le forum de Calais

Pierre Lavalée, président du canton de Calais.


«C’est à Calais que s’est tenu le 24 avril 2014 le deuxième forum sur l’alimentation. Environ une cinquantaine de personnes y a participé, dont une bonne douzaine d’agriculteurs de la FDSEA. Le sujet du jour : « santé, accessibilité, et sensibilisation ». Et ces débats nous dirigent tout droit vers le « bio ». L’agriculture conventionnelle, dans ce débat, dérange, elle est de trop ! Pourtant, moi, qui suis en agriculture conventionnelle, je ne suis pas dérangé par l’agriculture biologique. Après tout, ce sont des paysans comme nous. Mais l’inverse n’a pas l’air possible, les agriculteurs travaillant en agriculture dite « conventionnelle » sont regardés de travers. Il est donc grand temps d’arrêter d’opposer ces deux types d’agriculture. Une chose est certaine, le métier d’agriculteur évolue et chaque année, les pratiques s’améliorent, les techniques s’affinent, les contrôles sont plus rigoureux, tant pour la qualité des produits que sur les méthodes qui respectent l’environnement. Cette agriculture a permis à la France de devenir un grand pays. Elle est capable de nourrir toute sa population, elle entretient le paysage, elle crée des emplois, et elle rapporte des devises à la France. Nous n’avons pas à rougir de notre métier même si, force est de constater qu’une fois de plus, il est souvent dénigré dans ce type de débat. »

Retour sur le forum de Le Quesnoy

Jean-Christophe Rufin, 1er vice-président de la FDSEA du Nord.

 

 

«Je sais que nous sortons de la période des carnavals, mais il est des endroits où la mascarade est de mauvais goût. Quand un débat sur l’alimentation tourne au procès à charge contre l’agriculture traditionnelle, nous ne pouvons rester sans réagir. Une fois encore ces « débats » n’aboutiront qu’à diviser encore plus le monde agricole en fonction de ses choix de production, alors que chacun a sa place sur les marchés et dans le cœur des consommateurs. La réalité de leur choix de consommation se mesure dans leur caddie et non dans une réflexion menée par quelques-uns. Les élus doivent assumer leurs choix et ne pas essayer de nous faire croire que c’est celui de tous. Il n’est pas acceptable que les propos portés par les représentants de l’Inra sur la sécurité sanitaire des aliments et la qualité des produits fournis par toutes nos agricultures, quel que soit le mode de production, soient mises en doute, voire décriées. Nous ne pouvons pas accepter des théories minimalistes où notre intérêt se limite à notre propre nombril, se recentrant sur le territoire en oubliant le monde qui nous entoure. Nous avons la chance d’avoir des terres fertiles et un climat propice pour produire une alimentation très variée où tous les modes de production sont présents pour répondre aux besoins des consommateurs. Nos agricultures génèrent emplois, biodiversité et richesses sur le territoire. Ces mêmes richesses qui permettent d’entretenir les infrastructures de notre belle région. Faut-il passer l’éponge sur toutes ces ressources pour la seule lubie de quelques-uns ? »

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