Le Syndicat Agricole 24 octobre 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Agroéquipement - Le ralentissement du secteur se confirme

Après trois années de croissance, la filière du machinisme agricole connaît en 2014 un ralentissement de son chiffre d’affaires.

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Les niveaux élevés d’investissement de ces dernières années
ont probablement atteint un pic l’année dernière.
Les niveaux élevés d’investissement de ces dernières années ont probablement atteint un pic l’année dernière. - © Odyssée Végétale

«Les belles années que nous avons connues ces derniers temps vont marquer un arrêt », a indiqué Patrick Pérard, président d’Axema, lors d’une conférence de presse organisée le 16 octobre à Paris par le Syndicat des industriels de l’agroéquipement et le Sedima (Syndicat national des entreprises de service et distribution du machinisme agricole).


Baisse du chiffre d’affaires en 2014
D’après l’enquête de conjoncture réalisée par les deux structures, 42 % des industriels estiment que leur chiffre d’affaires sera moins élevé en 2014 par rapport aux exercices précédents (contre 25 % au premier semestre). Ce sentiment est particulièrement perceptible chez les fabricants de matériels d’arrosage et de protection (- 83 %), ou de travail du sol (- 67 %), ainsi que chez les tractoristes (- 60 %). Seuls les secteurs du matériel viti-vinicole et des équipements pour espaces verts maintiennent leur remontée avec respectivement 38 % et 33 % des entreprises s’attendant à un chiffre d’affaires en hausse au second semestre. La tendance à la baisse est tout aussi nette du côté des distributeurs avec 70 %  d’opinion négatives pour les six derniers mois de l’année (contre 47 % au premier semestre). Les distributeurs de matériels de grandes cultures sont les plus pessimistes : 79 % d’entre eux prévoient un recul de leur chiffre d’affaires.
À noter que 57 % des distributeurs reconnaissent des difficultés de trésorerie, contre seulement 18 % des industriels. Des tensions qui s’expliquent par la nécessité de financer les stocks et par les difficultés financières rencontrées par les agriculteurs soumis à des prix de commercialisation globalement plus faibles en 2014. Pour les constructeurs comme les distributeurs, les taux de marge sont stables par rapport à l’année précédente et surtout bien au-dessus de l’année 2010 qui avait marqué un creux.


Des perspectives moroses pour l’an prochain
Les niveaux élevés d’investissement de ces dernières années ont probablement atteint un pic l’année dernière. Depuis trois ans, le secteur connaissait des rythmes de croissance élevés (+ 30 % entre 2010 et 2013) pour atteindre l’an passé le chiffre record de 8,5 milliards d’euros. « Dire que l’on va continuer à augmenter est utopique, reconnaît Raphaël Lucchesi. On va probablement baisser pour revenir à des niveaux raisonnables ». Pour  2015, 44 % des industriels et 52 % des distributeurs tablent ainsi sur une nouvelle baisse de leur chiffre d’affaires. « Le marché devient plus tendu, mais beaucoup s’y sont préparés, affirme Patrick Pérard. 2015 est abordée avec une relative sérénité, malgré une conjoncture qui s’annonce plus difficile ».
Les agriculteurs devraient néanmoins continuer à investir. Une enquête de la Commission européenne, réalisée en 2013 et publiée seulement à la rentrée, montre que 67 % des agriculteurs français comptent investir entre 2014 et 2020. Des investissements qu’ils déclarent vouloir consacrer à 83 % au matériel agricole. Globalement, la perception des perspectives économiques par les agriculteurs reste mitigée : 43 % estiment que leur situation sera moins favorable dans les trois prochaines années, plus particulièrement dans les grandes cultures et les exploitations de plus de 100 ha. « Aujourd’hui, les agriculteurs ne sont pas forcément très pessimistes, analyse Patrick Pérard. Mais ils ignorent à quelle sauce ils vont être mangés ».

Zoom sur... 5 000 emplois à pourvoir en 2014

La filière des agroéquipements poursuit ses recrutements en 2014, en grande partie en raison du vieillissement des salariés et de l’évolution des compétences recherchées (connaissance des nouvelles technologies notamment). Les professionnels font d’ailleurs état de difficulté à trouver les profils qui correspondent à leurs besoins. 5 000 postes sont ainsi à pouvoir en 2014, dont 3 000 dans la distribution et 2 000 dans l’industrie. « Les jeunes ne connaissent pas le métier, regrette Raphaël Lucchesi, alors que la filière offre de nombreuses perspectives. Il s’avère par exemple difficile de recruter des commerciaux pour l’international, bien que l’export demeure assez favorable pour le secteur ».

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