Le Syndicat Agricole 01 février 2016 à 12h00 | Par Le Syndicat Agricole

#Agridemain : amener à regarder l’agriculture dans son ensemble

Une dizaine d’organisations agricoles ont créé la plateforme #agridemain. Son objectif : rapprocher la société et le monde agricole, un univers qui reste encore, pour beaucoup, à découvrir.

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Luc Smessaert, président de Farre et coordinateur de la plateforme. © DR Les organismes à l’origine de la création de la plateforme sont : AGPB, Axema, CGB, Chambres d’agriculture, Coop de France, Farre, FNA, FNSEA, Gnis, Jeunes agriculteurs, Syrpa, UFS, UIPP, Unifa. © S. Leitenberger

Un collectif regroupant les principales organisations professionnelles du secteur agricole a décidé de créer la plateforme #agridemain dans le but de promouvoir auprès du grand public une image en accord avec la réalité du monde agricole.
Luc Smessaert, président de Farre (Forum des agriculteurs responsables et respectueux de l’Environnement) et coordinateur de la plateforme, a répondu à nos questions.

Pouvez-vous nous dire ce qu’est #agridemain ?
C’est le fruit d’un travail de près de 18 mois pour créer une plateforme de communication commune réunissant onze organisations agricoles nationales pour l’instant (bientôt quinze début février) de l’amont de la filière, à savoir semenciers, entreprises d’engrais, de protection des plantes, coopératives et négoce, le secteur du machinisme, mais aussi l’APCA, les Jeunes Agriculteurs, la FNSEA. L’idée étant de reprendre la main, c’est-à-dire d’être plus actif et proactif dans la communication, ne pas être seulement dans la défensive et apporter un message cohérent en mettant en avant la collaboration agricole.

Qui est en charge de son animation ?
Les onze présidents ont confié à Farre le travail de coordination et d’animation de la plateforme. à ce titre, j’en profite pour dire qu’un site sera bientôt ouvert.

Pourquoi cette plateforme ?
Il y a un vrai besoin d’une vision plus transversale sur la communication, de montrer ce qu’est l’agriculture aujourd’hui, de raconter sa vraie histoire, ses évolutions, ce qu’elle apporte. Montrer aussi ce que la modernité, l’innovation, les nouvelles techniques permettent aujourd’hui. Cette plateforme sera également l’occasion de parler d’emploi, d’environnement, de ce qu’apporte une exploitation dans son territoire. Bref, amener à regarder l’agriculture dans son ensemble.

Comment va-t-elle se traduire concrètement ?
L’engagement sera de trois ans minimum car tout ce travail s’inscrit dans la durée. Tous les mois, les onze responsables de communication de tous les partenaires agricoles signataires se réuniront pour amener plus de cohérence. Agridemain est là pour amener du lien et ne traitera pas seulement de la communication de crise mais surtout du fond.

Et aussi dans les territoires ?
Pour cette première année, nous allons essayer de porter le message d’agridemain en encourageant la base avant d’aller communiquer vers le citoyen et le consommateur. Pour cela, l’idée est de recruter plus de 1 000 ambassadeurs à travers tout le territoire en les formant dans chaque région, en les accompagnant avec des outils et des kits pour être capable de raconter leur vécu notamment via Youtube et les réseaux sociaux (cf. encadré « À savoir »). Pour l’instant, nous avons une centaine d’agriculteurs ambassadeurs. Par ailleurs, l’idée c’est d’utiliser des porte-voix qui sont souvent sur les plateaux télés comme les sportifs, les économistes, les philosophes et les amener à devenir aussi des ambassadeurs de l’agriculture.

Quand est-ce que la plateforme sera lancée ?
Le lancement se fera le 1er février. Je rappelle que le point de départ de ce projet a été une enquête conduite auprès de plus de 1 000 personnes par l’agence BVA sur l’image de l’agriculture et des agriculteurs au sein du grand public (cf. encadré « Zoom sur... »). Et nous avons fait dans un même temps une enquête croisée sur le ressenti des agriculteurs vis-à-vis du grand public. C’est très intéressant.

Quels en sont les principaux enseignements ?
Le grand public confirme son capital de sympathie pour les agriculteurs. De leur côté ceux-ci n’en ont pas conscience. Mais il est en attente de beaucoup plus d’informations sur nos méthodes de production et au-delà des explications concernant la transformation de nos produits. Le public sondé a été surpris d’apprendre que l’agriculture est le deuxième secteur pourvoyeur d’emplois en France. Que les agriculteurs ont semé plus de 300 000 km de bandes enherbées pour protéger les cours d’eaux, plus de 700 000 km de haies entretenues, etc.

Et pour les années qui vont suivre, quel sera le plan mis en œuvre ?
Ce sera de consolider tout cela. D’élargir encore davantage la communication avec plus de partenaires et aller plus vers le grand public. En utilisant les salons, les journées portes ouvertes, les différents colloques. D’ailleurs, le premier est prévu le 1er février dans l’après-midi et prendra place au Conseil économique, social et environnemental (CESE) à Paris. Il est intitulé « l’Agriculture pas Com’ avant ».

Zoom sur... L’agriculture : un monde abstrait pour le grand public

Si les Français ont une image très positive des agriculteurs, l’agriculture reste encore pour eux un univers à découvrir. L’étude BVA a été réalisée auprès de 1 005 personnes constituant un échantillon national représentatif des français de plus de 18 ans. D’un autre côté, 600 chefs d’exploitation ont également été questionnés.

L’opinion des français
Près de 6 français sur 10 expriment spontanément une opinion positive de l’agriculture alors que 2 agriculteurs sur 5 ont une mauvaise opinion du secteur. Les agriculteurs sont pourtant plus nombreux par rapport au grand public à trouver que l’agriculture a évolué de manière positive ces 30 dernières années (56 % contre 49 % pour le grand public).
Grand public et agriculteurs sont d’accord sur les principaux facteurs ayant les mieux évolués en bien (traçabilité et qualité des produits alimentaires, suivi sanitaire) ou en mal (rapport qualité prix des produits alimentaires, défense de l’agriculture par les politiques, problème du foncier) depuis 30 ans.

Qu’est-ce que le métier d’agriculteur ?
Une majorité de français (54 %) pense bien connaître l’agriculture alors que les agriculteurs sont seulement 10 % à penser que les français les connaissent bien. Néanmoins, en grande majorité les français s’accordent pour dire qu’ils connaissent mal les modes de production pour le végétal (65 %) comme pour l’animal (58 %). Sentiment, également partagé par les agriculteurs. 82 % des agriculteurs déclarent que leurs modes de production sont raisonnés alors que seulement 1/4 des français le pense.

Quelles sont les attentes vis-à-vis de l’agriculture ?
Tout comme le grand public, environ 6 agriculteurs sur 10 pensent que la gestion des terres est l’affaire de tous. Les agriculteurs sont plus nombreux (32 %) à penser que la gestion des terres agricoles ne concerne qu’eux contre 17 % pour le grand public
Garantir la sécurité et la qualité alimentaire : c’est le premier défi de l’agriculture sur lequel tous s’accordent. Mais si le grand public met en 2e position la défense de l’indépendance alimentaire, les agriculteurs valorisent à cette place le maintien du tissu économique local et la vie en milieu rural.
Assez logiquement, les agriculteurs attendent surtout des innovations qu’elles améliorent leurs conditions de vie alors que le grand public met au même niveau les améliorations « environnementales ».
Des avis divergent entre grand public et agriculteurs sur la question des subventions. Ainsi, 76 % des français est favorable à une agriculture subventionnée et très encadrée alors que 59 % des agriculteurs est en faveur d’une agriculture non subventionnée et moins encadrée.

Vous voulez prendre la parole ? Devenez ambassadeur

Vous êtes agriculteurs ou travaillez dans le secteur agricole ? Vous voulez faire partie de la communauté #agridemain avec l’ambition de donner une image plus juste de l’agriculture ? Vous voulez prendre la parole pour promouvoir une agriculture performante et durable et raconter votre métier et ses valeurs ? Vous voulez relayer vos initiatives locales sur la plateforme #agridemain ? Vous pouvez donc devenir ambassadeur #agridemain !
Inscrivez-vous en envoyant un mail à : agridemain@outlook.fr
Formations, outils informatiques, espaces web dédiés, bases de messages, réunions d’animation partout en France : #agridemain vous accompagnera dans la démarche d’ambassadeur.

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