Le Syndicat Agricole 30 novembre 2007 à 08h51 |

Cultures - Les techniques culturales simplifiées et leurs conséquences

L’impact des techniques culturales simplifiées est important pour la préservation de l’environnement.

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En TCS*, le fait de ne plus retourner la terre va jouer sur deux caractères essentiels, la porosité – à savoir la capacité d’un sol à retenir l’eau – et la matière organique. Les TCS favorisent la stabilité des agrégats mais aussi l’écoulement des eaux par capillarité.
Alors qu’en labour c’est plus le travail mécanique du sol qui favorise la porosité, en TCS, c’est ici l’activité biologique du sol qui engendre cette porosité, par les galeries des vers de terre par exemple.
Même si elle se situe plus dans la durée, cette nouvelle architecture du sol permet une meilleure portance des sols, mais aussi un enracinement plus propice des plantes. À l’inverse, le non-retournement de la terre occasionne un ressuyage plus lent du sol et une température légèrement plus basse.
Pour la matière organique, et contrairement aux idées reçues, le taux est identique en TCS et en labour. Les TCS concentrent la matière organique dans les premiers centimètres du sol (environ 85 % dans les 7 premiers cm), le labour la dilue sur tout l’horizon !
Quand on sait que la matière organique joue sur la stabilisation de la structure, renferme la nourriture et les éléments minéraux et stocke l’eau, on comprend tout l’intérêt de la maintenir en surface.
Sur le plan de l’érosion, les TCS ont depuis longtemps montré tout leur bien fondé. Les facteurs essentiels reposent sur la porosité : l’eau est retenue au lieu de couler à la surface du champ, mais également par l’infiltration : Grâce à une structure plus aérée en agrégat, l’eau s’écoule verticalement et ne stagne donc pas en surface.

TCS et biodiversité
On l’oublie peut-être trop facilement mais le sol est un monde vivant complexe. Il est l’habitat d’une grande variété et d’une grande quantité d’organismes vivants. Décomposition des résidus de récolte, cycle des éléments, organisation de la structure du sol, prédation… sont autant de fonctions vitales qu’ils remplissent. Globalement, tous les spécialistes s’accordent à dire que les TCS engendrent « une tendance générale à l’accroissement de l’abondance, la diversité et l’activité biologique, mais avec des résultats très variables selon les organismes et les situations ». On trouve ainsi de 2 à 7 fois plus de lombrics, qui contribuent grandement à la stabilité de l’écosystème.
Le plus gros problème concerne les limaces, sans contester leur plus grande présence en TCS, il semble qu’à terme, un équilibre se crée avec leurs prédateurs naturels (carabes essentiellement) et qu’au final ce dynamisme entraîne une régulation naturelle de ces ravageurs. Même constat pour d’autres ravageurs comme le mulot, qui semble contenu par une plus grande activité de la faune. On peut cependant déplorer le peu de données objectives sur ce sujet.

Azote, phosphore et produits phytosanitaires, des études à poursuivre
Souvent mis en exergue pour leur contribution positive à l’environnement, l’impact des TCS dans ces domaines reste très mal connu.
Très soluble dans l’eau sous sa forme nitrate, l’azote semble plus facilement entraîné dans les profondeurs du sol de par la plus grande porosité du sol. On parle ainsi de lixiviation de l’azote. Mais le peu de références acquises en France montre un très faible écart entre le lessivage de l’azote en TCS ou en labour. Plus encore, un couvert végétal d’interculture est plus important que le travail du sol.
Pour le phosphore, la nuance est plus subtile. Les TCS contribuent à réduire le ruissellement, l’érosion et les pertes totales de phosphore. Paradoxalement, un peu à l’image de l’azote, le phosphore dissout dans l’eau, est plus facilement entraîné dans le sol, en contribuant un peu plus à l’eutrophisation.
Les TCS peuvent favoriser le développement de vulpins, brome, gaillet et autres géraniums entraînant une consommation accrue de ces spécialités et une lutte plus difficile contre ces adventices. Pour ce qui est des maladies, la présence de nombreux résidus végétaux en surface favorise le développement de certaines maladies : piétin échaudage, fusarioses et helminthosporiose sur le blé, phoma pour le colza, rhizoctone, galle commune pour la pomme de terre…
Idem pour les ravageurs et insectes plus présents en TCS (pyrale sur maïs, limaces sur céréales…) mais qui peuvent se gérer par des moyens agronomiques (rotations, interculture, choix variétal…)
Il faut savoir qu’en TCS il y a une plus grande dégradation par les micro-organismes des substances chimiques et que les pertes par ruissellement sont quasiment nulles contrairement au labour. Un bémol néanmoins, en cas d’application de produits à l’automne, désherbage des céréales par exemple, on retrouve plus facilement ces substances dans les eaux souterraines, qui transitent plus facilement par les galeries des vers de terre par exemple.

Gaz à effet de serre, qualité de l’air et TCS

Si ces préoccupations sont de plus en plus légitimes, force est de constater qu’il existe très peu de données sur le sujet. Pire encore, ces expertises peuvent se révéler contradictoires en fonction des organismes dont elles émanent ! Un consensus se dégage pour dire, cependant, que les TCS favorisent un stockage du carbone plus important qu’en labour, mais qui décroît dans le temps. Sur le plan énergétique, ces techniques permettent d’économiser de 20 à 40 l/Ha de carburant. Enfin, pour les gaz à effet de serre, une étude récente d’Arvalis montre une réduction de 11 % de ceux – ci en travail superficiel, et de 16 % en semis direct par rapport au labour !
*TCS : Technique culturale simplifiée

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hattab | 07 septembre 2008 à 13:06:47

Bonjour; Je suis un étudiant à l'université de Tlemcen -Algérie- Magister Agronomie, je suis entraîne de faire ma thèse de mémoire sur les techniques culturales simplifiées comme moyens de lutter contre le ruissellement et l'érosion, je vous demande, s’il vous plaît, de m'envoyer quelques informations sur ce sujet. Merci d'avance.

erialas | 28 novembre 2009 à 17:12:31

donner moi vos resultas

z | 21 décembre 2009 à 10:50:20

c'est beeeeeete

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