Le Syndicat Agricole 14 janvier 2016 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Agriculture et alimentation citoyennes au SIA

Le Salon international de l'agriculture (SIA) ouvrira le 27 février et fermera ses allées le 6 mars 2016, porte de Versailles à Paris.

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Après Filouse, Rouge flamande originaire de la région en 2015, l'égérie du SIA 2016 est Cerise, une vache bazadaise. Il en existe environ 4 000 en France et une action est menée à travers 3 pépinières de génisses pour augmenter le cheptel.
Après Filouse, Rouge flamande originaire de la région en 2015, l'égérie du SIA 2016 est Cerise, une vache bazadaise. Il en existe environ 4 000 en France et une action est menée à travers 3 pépinières de génisses pour augmenter le cheptel. - © SIA

Et de la citoyenneté il en faudra pour cette nouvelle édition du plus grand salon français, porte de Versailles à Paris. Placé sous le signe du citoyen en tant que volonté de connaître et d'agir en toute connaissance de cause et non comme consommateur l'oeil rivé sur le prix. Mais la citoyenneté risque d'être aussi ailleurs cette année. Avec près de 700 000 visiteurs l'an passé et un état d'urgence décrété depuis les attentats du 13 novembre, le ministre de l'Agriculture et les organisateurs ont été très clairs sur le contexte de ce salon 2016. « La sécurité sera maximale, comme après les attentats. Nous appliquerons les mesures, quelles qu'elles soient et sans les discuter, que nous présentera la préfecture de police », a affirmé Jean-Luc Poulain, président du SIA. Et comme le volet sécuritaire est également composé de la problématique du retour de certaines maladies concernant les animaux, Stéphane Le Foll a renchéri : « La sécurité sanitaire sera très suivie dans les semaines à venir et elle sera maximale au moment du salon mais on ne sait pas ce qui peut se passer d'ici le 27 février ». Rendant hommage au Sommet de l'élevage qui a su tenir son salon sans animaux en octobre 2015, Jean-Luc Poulain a conclu sur ce volet : « Nous ne pouvons  prendre le moindre risque en ce qui concerne l'élite de la génétique française au moment du salon. »

Une journée en amont du SIA
Ces précisions apportées, le patron du salon a pu présenter ce qui constituera l'un des événements principaux de ce SIA : le vendredi 26 février, comme l'an passé lorsque la filière agricole avait présenté sa contribution pour améliorer la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la future COP 21, se tiendra une grande journée en relation avec la citoyenneté. « Une première réflexion sera menée sur les attentes des consommateurs en matière d'agriculture et d'alimentation lorsqu'ils se positionnent comme citoyen ; c'est le même individu mais ce sont deux comportements différents. Ensuite, nous examinerons les pistes d'innovation et de recherche possible au regard de ces attentes. Et ceci ne concernera pas seulement la productivité mais aussi des questions comme la baisse de l'empreinte de la ferme sur l'environnement par exemple... En troisième lieu, nous ferons un point sur les impacts qu'ont ces attentes sur les territoires ? Par exemple, faut-il garder des pâtures ? Oui, bien sûr mais pour quoi faire et comment ? Sur tous ces sujets, il faut faire attention au fait qu'en bougeant un curseur, on ne dérègle pas le reste de l'équilibre... Enfin, nous conclurons cette journée par une table-ronde politique ».

Économie
Avant de présenter les nouveautés et le salon lui-même, la parole a été donnée au ministre de l'Agriculture pour situer ce SIA dans le contexte économique actuel. Stéphane Le Foll a tout d'abord rappelé que l'ensemble de l'agriculture est bien placé dans « une crise des marchés, qui sont en tension partout dans le monde. La crise n'est pas seulement française. Il faut avoir à l'esprit que, par exemple, les pertes d'exploitation pour 2015 sont aussi importantes dans des pays comme les Pays-Bas, la Grande-Bretagne ou encore l'Allemagne...» Aujourd'hui, les potentiels de production sont importants à travers le monde et il faut donc compter avec cela et des facteurs extrêmement sensibles comme le climat pour organiser la production. Pour le ministre, il faut trouver des facteurs de différenciation pour l'agriculture française. Et d'évoquer l'économie circulaire, la qualité, la traçabilité. « Il ne faut laisser aucun marché sans structure afin de répondre aux attentes d'aujourd'hui » a-t-il martelé avant d'ajouter : « Nous arrivons au bout d'un processus qui consiste à voir la production, donc l'amont, dégager des gains (des surplus) et de voir ces mêmes gains distribués sur l'aval. Il faut réintégrer certains de ces surplus sur l'amont ». Le ministre ne néglige pas non plus la capacité de la ferme France à se placer sur les marchés internationaux : « Il faut aussi avoir une stratégie d'internationalisation du SIA en invitant beaucoup de représentants de pays étrangers » afin de leur faire découvrir le savoir-faire de l'agriculture nationale. Le ministre a envoyé une bonne quarantaine d'invitations dans le monde à ses homologues, notamment en Afrique. « Il est vrai que le I de SIA est un peu en retard et il faut donc faire connaître à l'extérieur l'agriculture française », a confirmé Jean-Luc Poulain.
Si le SIA est le salon des Français qui viennent le visiter, « c'est aussi celui des agriculteurs » a terminé le ministre avant d'insister sur l'importance de lier agriculture, alimentation et citoyenneté.

Cheminement
Jacques Goudeau, directeur du SIA, a ensuite détaillé la version 2016 du salon. « Les halls 1 (bovins, ovins, porcins et caprins), 5.1 (canins) et 6 (équins) accueillent les filières d'élevage avec notamment celles qui sont en concours. Le pavillon 2 est dédié aux cultures et filières végétales, aux jardins et aux aménagements alors que le hall 2.1 accueillera le Concours général agricole (CGA). Les produits des régions de France, dont l'outre-mer, des territoires, des agricultures et délices du monde se partageront les halls 3, 5.2, 5.3 et 7.1. Le pavillon 4 sera le domaine des services à l'agriculture et de ses métiers mais aussi de la basse-cour, de la mer et de l'eau douce, de l'environnement et de la nature. »
Pour le visiteur comme pour les professionnels (#SIAPRO2016), le SIA offre la possibilité de personnaliser et donc d'optimiser son parcours. Les professionnels, qui seront tous identifiés, accéderont à l'espace pro (Espace 2000) situé à l'étage et qui donne accès notamment à des connexions internet mais permet aussi de caler des rendez-vous d'affaires ou d'échanger avec des collègues. Ceux qui ne pourront pas se rendre physiquement au SIA pourront suivre le CGA et certaines ventes aux enchères via Internet. En 2015, 27 000 internautes ont suivi le CGA par ce moyen.
Pour illustrer la nouvelle carte de France des régions, les halls 3 et 7.1 seront reliés et ce sont les Chambres d'agriculture qui organiseront cette présentation. De même, la passerelle entre le hall 1 et le 2 sera sténographiée autour de thèmes sociétaux, environnementaux et économiques. On pourra également visiter la place du lait, sous l'égide du Cniel alors que l'Odyssée végétale proposera une « véritable immersion dans une exploitation végétale. » Les insectes utiles à la ferme feront aussi l'objet d'une présentation particulière alors qu'un espace sera réservé à l'agriculture urbaine (pris en charge par la ville de Paris). Et comme l'air du temps est aux nouvelles technologies, un stand sera entièrement consacré aux startups (sociétés jeunes et à croissance rapide) de l'agriculture.

Thierry Michel

Un petit air du Nord dans les allées

Le Conseil départemental du Nord ira à la rencontre des visiteurs du 53e Salon international de l'agriculture du 27 février au 6 mars, à Paris, en partenariat avec la Chambre d'agriculture Nord-Pas de Calais, la Maison de l'élevage, le Savoir vert et Novagri. Un petit coin du Nord sera reconstitué sous l'aspect d'un estaminet dans le hall 1, hall de l'élevage. Soucieux de mettre à l'honneur son agriculture, le Conseil départemental accueillera sur son stand un espace de vente de produits issus des fermes du Nord, un lieu de rencontre pour les éleveurs de races locales et des bornes réservées aux offices de tourisme qui feront découvrir les spécialités et les spécificités de notre territoire. Le Salon est aussi l'occasion de sensibiliser le consommateur, les agriculteurs proposeront aux plus jeunes une animation grand public sur le thème de l'approvisionnement local.

Lieux de rencontres
Le salon est chaque année un rassemblement incontournable où l'on peut rencontrer les acteurs qui font vivre l'agriculture de notre région. L'estaminet et l'espace des éleveurs, sur le stand du Conseil départemental du Nord, sont des lieux de convivialité, appréciés de tous, agriculteurs et élus, pour échanger sur de nombreux sujets. Pour aller plus loin, l'estaminet pourra être privatisé pour des réunions le matin et l'après-midi. N'hésitez pas à contacter l'association Novagri au 03 27 09 19 32 pour réserver un créneau.

Ruralité et proximité
Autre moment phare de l'événement, l'inauguration sur le ring d'honneur le mardi 1er mars. Les filières de proximité seront mises en avant par territoire. Bien sûr, le défilé traditionnel des races locales offrira un focus sur les éleveurs de notre département.

C. Regnaut

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