Le Syndicat Agricole 17 octobre 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Adjuvants - Y a-t-il toujours un intérêt à ajouter un adjuvant ?

L’ajout d’un adjuvant dans les produits phytosanitaires ou le traitement de l’eau de bouillie ne sont pas forcément nécessaires pour limiter la dose de produit.

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L’addition d’un adjuvant n’est pas une condition sine qua non pour réduire la dose de produits apportée.
L’addition d’un adjuvant n’est pas une condition sine qua non pour réduire la dose de produits apportée. - © J.C. Gutner

«Sur le terrain, une question revient souvent : est-ce que l’adjonction d’un adjuvant permet de réduire la dose de traitement apportée ? », remarque Anne-Monique Bodilis, ingénieur régional à la station expérimentale de la Jaillère, avant d’ajouter : « la réponse est variable selon le produit utilisé, résultats d’essais Arvalis – Institut du Végétal à l’appui. Il faut toujours raisonner sur le couple spécialité-adjuvant ». Pour les herbicides, plusieurs cas se présentent.
Lors de l’utilisation de produits racinaires, « il n’y a aucun bénéfice à utiliser un adjuvant, dont l’intérêt est de faciliter la rétention sur la feuille ». Même constat selon les essais, pour les anti-dicots foliaires, hormis recommandations spécifiques sur l’étiquette produit.


Pour les antigraminées, l’adjuvant a son intérêt
Si l’on applique un antigraminées foliaires Fop, Dimes, Dens, associer un adjuvant représente un des leviers permettant d’améliorer l’efficacité des herbicides. Citons pour exemple l’avoine sur laquelle la goutte, au lieu de perler, va s’étaler sur la feuille. « Dans ce cas, les huiles disposent d’une meilleure action que les mouillants grâce à leurs capacités pénétrantes alors que les mouillants favorisent notamment l’étalement des gouttes pulvérisées. Il faut compter 1 litre d’huile par hectare. Dans le cas des antigraminées foliaires et racinaires de la famille des inhibiteurs de l’ALS, l’apport d’un adjuvant est intéressant. Il est possible de l’associer également au sulfate d’ammonium si on constate une forte pression de la part des graminées. Ceci augmente l’efficacité du produit de l’ordre de 10 % », poursuit la spécialiste. Dans le cas du glyphosate, il est recommandé d’ajouter un adjuvant quelle que soit la formulation. Il est alors conseillé de régler les problèmes de dureté d’eau qui rendent le glyphosate moins pénétrant.
Pour les régulateurs, l’utilisation d’un adjuvant est sans intérêt. Pour les insecticides, « le volume de pulvérisation et le positionnement sont primordiaux par rapport à l’effet des mouillants. Dans le cas des fongicides, deux possibilités. Avec les fongicides de contacts, il est possible d’utiliser un adjuvant dans le cas de plantes peu mouillables comme des pois. Avec les fongicides systémiques, il n’y a pas de bénéfice dans les programmes préconisés », détaille Anne-Marie Bodilis.


Attention aux conditions d’application
Des questions sont également inhérentes à l’effet de la qualité de l’eau de pulvérisation. Celle-ci tient compte de la dureté et du pH. Deux notions différentes et qui ne sont pas liées. La dureté fait référence à la teneur en calcium et magnésium de l’eau. Le pH se rapporte au potentiel hydrogène – libération d’ions H+ dans la solution. Une eau dure peut donc être acide ou basique. « La dureté de l’eau n’a pas d’effet sur l’efficacité du produit de la substance active, hormis pour le glyphosate. Enfin, la correction du pH de l’eau est sans intérêt. Par contre, changer le pH de la bouillie peut transformer son efficacité. »
L’ajout d’un adjuvant ne permet aucunement de se substituer à de bonnes conditions d’applications de ces produits (optimiser le positionnement (stade) et les conditions météo). D’autre part, l’utilisation d’une huile homologuée est conseillée et de type végétale si possible.

Cyrielle Delisle

Désherber tôt
La concurrence avec les adventices s’exerce dès les stades jeunes. Les mauvaises herbes consomment l’azote et la lumière de la culture ce qui va la pénaliser. Il est donc important de désherber tôt (désherbage chimique ou mécanique) pour préserver le rendement. Des essais ont montré des pertes de rendement en intervenant tard et ce, même si la parcelle était propre après désherbage. « Le message est donc de désherber tôt pour lever la concurrence avec les mauvaises herbes. La période critique se situe entre le stade 5-6 feuilles et 12 feuilles. Souvent, dans la campagne, on constate que les agriculteurs interviennent tard pour ne faire qu’un passage. Pourtant passer sur des stades jeunes est plus efficace à petites doses », constate Marie-Monique Bodilis.

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