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Le parcours de combattant de la politique contractuelle

La Fédération nationale porcine (FNP) déplore les difficultés qu’il y a à mettre en place la politique contractuelle dans la filière porcine.

04 août 2011 Le Syndicat Agricole Vu 2085 fois
Au refus de la Fédération des industries charcutières de s’engager dans la voie de la contractualisation, s’ajoutent les réticences propres aux industriels de l’alimentation animale.

Au refus de la Fédération des industries charcutières de s’engager dans la voie de la contractualisation, s’ajoutent les réticences propres aux industriels de l’alimentation animale. - © D. Poilvet

« La politique contractuelle est nécessaire mais elle est difficile à faire vivre sur le terrain », déplore Jean-Michel Serres, le président de la Fédération nationale porcine (FNP). Le président est très remonté contre la Fédération des industriels charcutiers et traiteurs (Fict) qui a refusé de signer l’accord du 3 mai sur les modalités de répercussion des coûts alimentaires dans les prix à la production, et qui « campe toujours sur ses positions ». Alors qu’elle regrette aussi les difficultés des entreprises à répercuter l’augmentation de ses coûts auprès des grandes surfaces et que nombre d’entre elles sont en situation difficile. Conséquence, bien que la grande distribution ait donné son feu vert à la reprise des négociations sur la volaille et le bœuf, le porc n’est quasiment pas concerné. Seule la viande fraîche l’est, mais elle ne représente que 25 à 30 % de la valorisation des porcs, la transformation couvrant le reste, c’est-à-dire 70 à 75 %. D’ailleurs, la grande distribution annonce clairement la couleur en indiquant qu’elle ne peut pas négocier avec une organisation qui ne s’est pas engagée. Le coup de pouce qui pourrait être donné au redressement des prix serait un excellent signal pour valoriser la mention d’origine et la viande porcine française, estime également Jean-Michel Serres.

De mauvaises habitudes au sein de la filière
Les éleveurs se sentent d’autant plus impuissants face à ce blocage que la charge alimentaire représente 60 à 70 % du coût de production, et que l’autre accord du 15 juin entre les céréaliers, la nutrition animale et les éleveurs sur le lissage des prix des aliments du bétail a du mal à se mettre en place.
Cette contractualisation se heurte aux habitudes de fonctionnement dans la filière porcine qui sont étrangères à ce type de démarche, « alors que la volatilité du prix des matières premières devrait entraîner un changement de comportement ». Paul Auffray, secrétaire général de la FNP, pointe l’esprit individualiste et « marchand de tapis » qui prévaut encore trop souvent dans la filière où chacun essaie de tirer, comme il l’entend, son épingle du jeu. En constatant souvent que les arbitrages au sein des coopératives « se sont faits en faveur du monde végétal et non de la nutrition animale » et que c’est « le monde de l’élevage qui paie la note ».
Et Jean-Michel Serres de prendre l’exemple d’un prix de l’aliment à 270 €/tonne, quand le prix des céréales est payé aux producteurs à 165/170 €/t. Un écart qu’il juge trop élevé. Alors que les fabricants et les éleveurs pourraient se mettre d’accord sur un prix relativement lissé sur une période relativement longue (une campagne de 12 mois par exemple) en évitant les coûts d’intermédiation. Soit une économie de 20 à 30 € par tonne. Quand on sait qu’une augmentation de 10 €/t sur le prix de l’aliment entraîne un renchérissement du coût de production de 4 cts/kg de carcasse, le jeu en vaut la chandelle.
 

 

 
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