Le Syndicat Agricole 13 mai 2013 à 10h38 | Par Le Syndicat Agricole

Actualité - Emploi en territoire rural: le gouvernement met le cap sur la formation

Le président de la République, accompagné de 3 ministres, s’est rendu dans le Doubs le vendredi 3 mai pour y parler d’emploi dans les secteurs agricoles et agroalimentaires.

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À cette occasion, le chef de l’État a signé, en présence de 17 organisations professionnelles, une charte sur l’insertion des acteurs du territoire.
À cette occasion, le chef de l’État a signé, en présence de 17 organisations professionnelles, une charte sur l’insertion des acteurs du territoire. - © Actuagri

L’objectif est ambitieux. Pas moins de 60000 emplois dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire devraient être pourvus en 2013, parmi lesquels 50000 contrats d’apprentissage et 4000 contrats de professionnalisation. C’est l’engagement pris le 3 mai par les 17 signataires de la charte (cf. encadré ci-dessous) sur l’insertion des acteurs du territoire, signée également par le président François Hollande, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, et Michel Sapin, ministre de l’Emploi. Tous étaient réunis pendant une journée dans le Doubs pour aller à la rencontre des pourvoyeurs d’emploi dans les territoires ruraux. « On ne peut pas vivre en croissance zéro, la France peut être leader », a martelé le président de la République face aux organisations des territoires ruraux et aux élèves de l’École nationale d’industrie laitière (ENIL) venus présenter leur parcours au sein des filières agricoles. La plupart d’entre eux ont confiance en l’avenir. En effet, plus de 90 % des élèves sortant de l’enseignement agricole trouvent du travail; mais, à l’inverse, 12000 emplois ne sont pas pourvus. L’équation n’est pas parfaite et François Hollande compte bien faire de la formation sa priorité: « L’idée, c’est d’offrir des formations adaptées aux entreprises et de favoriser l’accès à la profession des jeunes et des moins jeunes. Les filières agricoles ont des atouts considérables. »
Le chef de l’État s’est montré plutôt positif quant à l’avenir de la France, à un moment où il est pourtant attaqué de toute part sur son bilan présidentiel. « Je compte mettre la croissance au cœur des priorités », scande-t-il. Il s’appuie sur la décision européenne de donner deux ans de plus à la France pour combler le déficit. Pour lui, c’est l’occasion de mettre en place « des réformes structurelles indispensables », qui concernent bien sûr notamment l’agriculture et l’agroalimentaire.

Les ministres mobilisés pour l’exportation
Après avoir développé le sujet de l’emploi, François Hollande a insisté sur la mobilisation des ministres de l’Agriculture et de l’Économie pour l’exportation. « Heureusement qu’on exporte les produits agricoles, car cela nous amène 10 milliards d’excédent commercial nous permettant de combler le déficit de la France, notamment énergétique. » Pour ce faire, il ne compte pas seulement exporter les produits agricoles mais « toute la filière ». Pas moins. De fait, une politique spécifique pour la certification sanitaire devrait être élaborée.
Le président a aussi réitéré son soutien aux entreprises agroalimentaires par le biais de la Banque publique d’investissement (BPI).

Un discours généralement bien accueilli
Du côté des 15 signataires de la charte, le discours de François Hollande a été plutôt bien accueilli. François Desprez, président de l’Union française des semenciers (UFS), s’est dit « satisfait » de cette intervention, car il fait partie d’une filière très exportatrice mais parfois méconnue. « Pourtant, nous avons une offre de formation importante », ajoute-t-il.
Pour le directeur du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis), Philippe Gracien, cette visite du président contribue à « un esprit positif », car, « dans l’agriculture, il y a des filières en souffrance, on perd des parts de marché, nous avons besoin de forces vives ».
Du côté de l’Union des industries de la fertilisation (Unifa), cette charte permettra de mieux faire connaître les dispositifs mis en place dans les entreprises pour accueillir les jeunes.
Le représentant de la coopération, Gilbert Keromnes, fait remarquer que le recrutement des salariés est de plus en plus difficile dans les populations rurales. « On a un gros souci sur la connaissance et l’image de nos métiers. Nous devons les rendre attractifs », souligne-t-il.
Pour les métiers spécifiques à la forêt, « l’alternance a toujours été un schéma valorisant », selon Gérard Napias, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT).
Les acteurs de l’enseignement agricole – les représentants des Maisons familiales rurales (UNMFREO) et de l’enseignement privé (CNEAP) – insistent quant à eux sur le côté « innovant » du tissu rural. Pour Philippe Poussin, secrétaire général du CNEAP, il faut que « les organisations professionnelles remettent au centre de leur dispositif la formation »: « c’est là le succès de la croissance! ».Le message semble être passé auprès du président de la République.

Stéphane Le Foll met l’accent sur l’installation
Même si l’installation n’était pas au cœur de cette charte sur l’insertion des acteurs du territoire, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a rappelé qu’une autre charte sera présentée dans quelques semaines concernant l’installation. « Un engagement qui complète celui d’aujourd’hui », souligne-t-il. L’objectif est d’aider les jeunes « qui ont souvent peur du métier » à s’installer et découvrir « les grandes perspectives qui s’offrent à eux ».
François Thabuis, président national des Jeunes Agriculteurs, également présent lors de ce déplacement dans le Doubs, se félicite de l’accent mis sur cette thématique: « Concernant l’agriculture, la transmission-installation permet des emplois durables ». Il se dit favorable au contrat de génération pour les entrepreneurs agricoles, car « la durabilité de l’emploi passe aussi par le salariat entre cédant et repreneur ».

Zoom sur... Les organismes signataires de la charte


Il s’agit de: l’Association générale des entreprises vinicoles (AGEV), le Conseil national de l’enseignement agricole privé (CNEAP), la Confédération nationale de la mutualité de la coopération et du crédit agricoles (CNMCCA), la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), la Fédération du négoce agricole (FNA), la Fédération nationale des courses françaises (FNCF), la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT), la Fédération nationale des métiers de la jardinerie (FNMJ), la Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles (FNSEA), le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS), les Jeunes Agriculteurs (JA), l’Union française des semenciers (UFS), l’Union des industriels de l’agroéquipement (Axema), l’Union des industries de la fertilisation (Unifa), l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), l’ Union nationale des entrepreneurs du paysage (Unep), l’Union nationale des Maisons familiales rurales d’éducation et d’orientation (UNMFREO).

Précision : Le salariat agricole se maintient dans la région

Dans le Nord-Pas de Calais, l’emploi agricole couvre tout le territoire et l’ensemble des productions. En tout, d’après le dernier recensement agricole (2010), 27300 hommes et femmes sont actifs dans les exploitations. Cette main d’œuvre se compose de 16900 chefs d’exploitation, 6200 conjoints non exploitants ou autres actifs familiaux (salariat familial) et 4160 salariés permanents, hors cadre familial. La région compte aussi une main d’œuvre saisonnière et occasionnelle d’environ 3000 unités de travail annuelles (UTA), liées à la présence de certaines productions comme la production endivière. Près de 16 % des exploitations agricoles du Nord-Pas de Calais emploient de la main d’œuvre. Ce chiffre atteint même 25 % pour les grandes exploitations. Une des particularité de la région est la stabilité du nombre d’emplois salariés depuis le recensement de 2000, alors que le nombre d’exploitants, conjoints non exploitants et actifs familiaux est, lui, en nette diminution (20000 exploitants et 13300 conjoints et actifs familiaux en 2000, soit une diminution respectivement de 15,5 et 53,4 % en 10 ans). La proportion d’emplois salariés permanents est donc en augmentation par rapport au nombre total d’actifs dans le secteur agricole: les salariés permanents, hors cadre familial, fournissent aujourd’hui plus de 15 % du travail dans les exploitations agricole (17 % dans les grandes exploitations), contre 11 % en 2000.
D’après la Mutualité sociale agricole (MSA), 45 % de la main d’œuvre travaille dans les exploitations de cultures spécialisées (endives, production légumière, horticulture...), 45 % travaillent en polyculture-élevage et 10 % en élevage spécialisé (volailles, porcs, gibiers...).
Par ailleurs, l’agroalimentaire est aussi un grand pourvoyeur de main d’œuvre avec 35700 salariés, qui font de nous la 4e région française pour l’emploi dans ce secteur (6 % des effectifs salariés nationaux) après la Bretagne, les Pays de la Loire et la région Rhône-Alpes.

V. CH.

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