Vers de nouvelles formes de revenus ?
À la fin de l’Assemblée, des tables rondes ont permis d’illustrer la question de la diversification du métier d’agriculteur. - © LE SYNDICAT AGRICOLE
«Le but de ce rendez-vous est de tracer la voie pour l’avenir. » C’est ce qu’a affirmé Jean-Marc Capet, président de la FRCuma, lors de l’Assemblée générale annuelle qui s’est tenue à Vimy le 27 mai. Une centaine d’adhérents du Nord et du Pas-de-Calais y participait. La région compte en tout 225 Cuma, représentant plus de 4 500 agriculteurs.
Un discours tourné vers l’avenir
Malgré la crise qui touche de plein fouet les agriculteurs, le discours s’est voulu optimiste tout au long de la soirée. « La démarche collective par rapport aux investissements dans le matériel agricole est plus que jamais une nécessité. Le choix de la mécanisation partagée n’est pas conjoncturel, mais stratégique pour nos exploitations, a insisté le président de la FRCuma, mais le partage au sein des Cuma doit aller au-delà de l’utilisation des machines agricoles ».
Dans cet esprit, la FRCuma a évoqué plusieurs axes de diversification de ses interventions : aider les jeunes à s’installer, investir dans du matériel permettant d’améliorer les performances environnementales, favoriser les circuits courts, développer des partenariats avec les industriels locaux et, d’une manière générale, améliorer la coopération avec les différents acteurs économiques des territoires.
Une agriculture multifonctionnelle
Pour le président comme pour certains adhérents, le travail et le partage au sein des Cuma doivent notamment permettre de trouver de nouvelles formes de revenus : la vente en direct, la production pour des secteurs non-alimentaires, le développement du tourisme rural… À la fin de l’Assemblée, des tables rondes ont permis d’illustrer cette question de la diversification du métier d’agriculteur. La Cuma bretonne Menergol (Mené Énergie Oléoprotéagineux) a par exemple développé, en partenariat avec les acteurs locaux, un projet de méthanisation à partir du lisier issu principalement de l’élevage de porcs. Autre exemple, dans les Deux-Sèvres, des agriculteurs se sont associés à un projet de boulangerie-sandwicherie. Ils fournissent directement au boulanger les produits nécessaires à la fabrication du pain et ont été associés financièrement à l’ouverture d’un point de vente dans une zone industrielle.
Certains adhérents, en marge de l’Assemblée, ont fait part de leur scepticisme face à la question de la diversification et de la vente directe. « Tous les producteurs n’ont pas pour vocation à devenir des vendeurs, nous manquons de temps et de moyens pour pouvoir envisager de faire plusieurs métiers à la fois », ont précisé deux agriculteurs de la Cuma de Frévent. Pour Jean-Luc Peulmeule de la Cuma Vallée de la Lys, « l’appartenance à une Cuma peut justement être un moyen de se dégager du temps pour se consacrer à d’autres choses ».
On observe d’ailleurs qu’en 2009, une bonne part du travail des Cuma de la région est allée au-delà du partage de matériel. Les responsables de chaque organisation ont apporté leur aide aux agriculteurs adhérents pour des questions administratives (dossiers de demandes de subventions), réglementaires (élaboration de 28 documents uniques d’évaluation des risques professionnels de Cuma) ou encore en mettant en place des actions de formation et d’information.
VIRGINIE CHARPENET
Quel est le visage des Cuma aujourd’hui ?
L’Assemblée générale de la FRCuma a été rythmée par une série de questionnaires visant à mieux connaître « l’identité » des Cuma du Nord-Pas de Calais. Grâce à un boîtier qui leur a été remis avant l’Assemblée, les adhérents ont répondu à des questions sur la gestion financière, l’organisation ou encore l’état d’esprit de leur Cuma.
Cette opération, intitulée « Cuma 2020 ? Anticipons ! », est à l’initiative de la Fédération nationale des Cuma. L’un des porteurs du projet,
Stéphane Gérard, trésorier
de la FRCuma, est venu expliquer le but de l’opération. « Le sondage doit permettre de déterminer le positionnement de chaque Cuma et quel avenir elle peut envisager à l’horizon 2020 » a précisé le trésorier.
Lors des réunions de travail pour mettre en place le projet, une quinzaine d’adhérents et trois experts ont déterminé 8 grands types de Cuma :
la Cuma « Business », la Cuma « Ange gardien », la Cuma « Fermes en communs »,
la Cuma « Territoire »,
la Cuma « spécialisée »,
la Cuma « Couteau suisse »,
la « Cuma de Cuma » et enfin la Cuma « Alter Eco ».
Dans le Nord-Pas de Calais, c’est la Cuma « Business »
qui est arrivée en tête.
Dans ce type d’organisation,
la Cuma ressemble à
une entreprise classique dirigée
par une équipe salariée forte. Ici, les adhérents sont considérés comme des clients auxquels il faut apporter un service.
Pour plus d’informations : www.cuma.fr
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