Le Syndicat Agricole 06 mars 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

À l'implantation des betteraves, mettez tous les atouts de votre côté

L'application de quelques règles lors de la phase de préparation des terres permet de réduire les risques à l'implantation.

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Semis de betteraves au semoir de précision. (© DR) Semis de betteraves au semoir de précision. © DR Profondeur des semis par type de sol © Le Syndicat Agricole

L'implantation des betteraves est une étape délicate qui conditionne la réussite future de la culture. Une bonne implantation est généralement synonyme d'une levée homogène et régulière. Elle facilitera la conduite de la parcelle, du désherbage jusqu'à l'arrachage.


S'assurer de la météo
Il ne faut pas exposer le semis de betterave à une pluie immédiate. Avant de décider du bon créneau, surveillez les prévisions météorologiques et stoppez le semis assez tôt pour maintenir au minimum 48 heures entre le semis et l'arrivée des précipitations. Le délai entre le semis et la pluie est un bon critère pour limiter le risque de battance.


Raisonner les passages
Lorsqu'en sortie d'hiver le temps reste maussade et les sols ne ressuient pas ou lorsque le labour est très refermé, on peut être tenté de recourir à une première intervention précoce « d'ouverture » avec un outil à dents. Cette intervention reste très délicate et n'est pas recommandée. Elle risque d'occasionner un lissage superficiel, et donc des fourchages du pivot.
En sols de limon, ce premier passage aura pour effet de soulever un volume de terre qu'il faudra ensuite rappuyer énergiquement, sans trop affiner, et générera donc des difficultés inutiles. Si des conditions sèches s'installent après cette intervention, on aura créé des mottes qui vont durcir rapidement et qu'il sera difficile d'affiner.
Il est donc préférable d'attendre encore 1 ou 2 jours un ressuyage plus avancé du sol, et d'intervenir directement par un ou deux passages de préparation.
Là ou les interventions de préparation doivent tenir compte de l'état de la structure et du niveau d'affinement, de l'outil utilisé, l'évolution du temps et des conditions climatiques prévues dans les jours qui suivent est importante. Sur un labour bien hiverné, un seul passage doit suffire. Si le temps est séchant, le semis doit suivre de très près la préparation, avec un délai réduit, afin de placer la graine en contact avec l'humidité. Si le sol s'émiette facilement, on cherchera un bon rappui par l'outil de préparation (crosskillette, rouleau packer, outil équipé de rouleaux spires...).
Dans des conditions séchantes, il est important de réaliser un travail homogène et d'éviter que les dépressions au niveau des passages de roues ne soient recouvertes de terre sèche. Le jumelage ou l'utilisation de pneus basse pression du tracteur de préparation assure une grande surface de portance et limite le risque de compactage si le sol est resté humide en dessous de la zone travaillée. Si la première intervention laisse un sol jugé trop grossier et motteux ou bien insuffisamment rappuyé, le temps sec incitera à réaliser rapidement le deuxième passage, toujours pour éviter une perte d'eau rapide.


Préparations d'automne
En terres argileuses, des expérimentations ont montré l'intérêt des préparations d'automne pour garantir des conditions de préparations optimales en gardant de bonnes conditions de structure.
Dans les sols très argileux, le temps sec ou trop humide limite rapidement l'efficacité des interventions des outils de préparation au printemps. La préparation d'automne permet de gagner du temps puisque l'essentiel du travail est réalisé à l'automne après le labour.
Si les conditions hivernales ne sont pas suffisamment « actives » sur la structure, il sera toujours possible de compléter par un passage de préparation de printemps pour assurer l'affinement avant semis.


Les intérêts du non-labour
L'un des atouts de la suppression du labour en culture betteravière est sans doute, en sols fragiles, la limitation du ruissellement et la limitation du risque érosif.
Cette technique suppose le maintien des résidus (paille et/ou Cipan) en surface pour assurer une protection mécanique.
La difficulté est d'assurer une bonne structure par un passage d'ameublisseur sur 15 à 25 cm, tout en évitant le mélange des horizons superficiels et une dilution de la matière organique présente en surface.


Le strip till
Le strip till, ou travail en bandes, consiste à travailler uniquement les lignes de semis. L'outil se compose de dents qui travaillent à 15-20 cm de profondeur et de disques qui canalisent le flux de terre. Le rappuyage est réalisé par des roues cages principalement. Le développement des techniques de guidage précises permet d'envisager une utilisation d'outils travaillant le futur rang de semis, mais en travail décomposé avec un délai entre passages d'outils et passage du semoir. En sols argileux, il faut prévoir un passage profond en septembre puis une reprise superficielle au printemps. En sols légers, un passage unique au printemps est possible.
Les atouts du strip till sont :
- maintenir un travail profond dans un volume de sol réduit ;
- assurer la qualité d'enracinement ;
- maintenir plus de résidus en surface ;
- faciliter la levée en conditions sèches.


Dose de semis et profondeur des graines
L'objectif est d'obtenir un peuplement d'environ 100 000 pieds par hectares. Ce peuplement est à moduler en fonction des types de sol (en sol de craie, on cherche une couverture plus rapide et en sol argileux, une tare terre plus faible). Les quantités semées sont donc à majorer avec le pourcentage de graine levée (cf. tableau).
La profondeur de semis optimale se situe entre 2 et 2,5 cm. Un semis superficiel est exposé à un placement de la graine dans le sec et aux attaques de mulots. Un semis trop profond risque d'épuiser la plantule.


Fertilisation azotée
Pour raisonner les apports d'azote sur betterave, le reliquat sortie d'hiver est indispensable. Une sur-fertilisation peut provoquer une baisse de richesse et une perte de poids valeur.
La date de l'apport d'azote est importante pour la culture de la betterave :
- apporté trop tôt, l'azote peut être lessivé ou perdu par volatilisation ;
- apporté trop proche du semis, il provoque des brûlures ;
- apporté après 6 feuilles des betteraves, sa disponibilité est aléatoire en cas de période sèche.
La période d'apport idéale se situe une à deux semaines avant de démarrer les semis. Si l'apport est supérieur à 100 unités, une partie est amenée avant le semis et le solde entre la levée complète des betteraves et avant le stade 4/6 feuilles de la culture.
La localisation de l'azote au semis améliore l'efficacité de l'engrais grâce à un bon positionnement et une absence de volatilisation. On peut ainsi diminuer les doses apportées de 15 à 20 %.

Olivier Lesage, conseiller Productions Végétales
Chambre d'agriculture de région Nord-Pas de Calais

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